• Pas de séances décrochées de vocabulaire (DC, Volubilys, phi)

    Retranscription de la discussion http://www.neoprofs.org/t54453p500-alphabetique-syllabique-globale-mixte-le-classement-des-manuels-de-lecture-pour-apprendre-a-lire-aux-enfants#1893288

    21 déjà : DC, regarde la batterie d'évaluation du langage chez La Cigale, pour les moins de 3 ans. On remplit une grille indiquant les mots qui doivent être dits à 18 mois, 2 ans... Choix totalement arbitraire. J'avais pu échanger à ce sujet avec la crèche de mon fils (où le personnel est anti-évaluation). Résultat: il ne dit toujours pas télécommande (donc un item non validé). Par contre il dit "non je ne veux pas ranger ma chambre, demain peut-être...". Je crains que ces batteries se développent en maternelle avec les nouveaux programmes. A quand la liste des mots qu'il faudra savoir lire en CP, CE1 et CE2 ???

    DoubleCasquette (DC) : Elle existe déjà ! Quand on voit l'évaluation de mi-CP de mon département, on apprend que l'enfant doit savoir écrire il fait, puis ou comme, parmi une vingtaine en tout. Pourquoi ces vingt-là et non vingt autres ? Mystère et boule de gomme...
    On suppose que c'est parce que le ou la CPC qui a pondu ça a pris les vingt premiers "mots-outils" qui sont proposés à l'acquisition dans telle ou telle "méthode de langage oral et d'exploration de l'objet-livre" à la mode mais cela reste une supposition. Suspect

    Phi : Voilà ce qu'on m'a reproché de ne pas faire l'an dernier : http://redaction.eklablog.com/enseigner-le-vocabulaire-a-l-ecole-maternelle-dgesco-2010-a80447582

    Auléric : c'est un dossier qui propose des situations d'apprentissages de vocabulaire en maternelle , à partir des coins jeux, d'albums, de la construction d'imagiers, de jeux type qui est-ce où les enfants doivent décrire le mot et le deviner etc ... avec une " belle" grille d'évaluation :
    liste de mots (exemple sur les vêtements ) , en situation d'émission , en situation de réception

    c'est exactement une des fiches du projet d'école de mon ancienne affectation : lexique en maternelle avec liste de mots à construire en imagier et travailler en séquence ... une dizaine de thème avec liste de mots obligatoires.

    21déjà : Merci ! Je fais quasiment tout ce qui est dit dans le dossier sauf... l'évaluation. Mais l'évaluation à la sauce post 2000 n'est vraiment pas mon point fort.

    Auléric : pareil j'ai fait la séquence (quasi la même que l'exemple, j'avais justement les vêtements comme thème ) ... mais pas remplit de belle grille d'éval

    DC : Bouhouhouhouh !
    Pour moi qui ai passé mon après-midi à visiter un jardin d'enfants et une école Steiner-Waldorf et qui me suis extasiée sur ces salles de jardin d'enfants pleines de jouets, de jeux, de coins nature, d'aquarelles, de laines, de craies de couleurs, le retour est brutal ! affraid
    Tu m'étonnes que les gens désertent l'école publique et se tournent vers des structures alternatives... Sad Sad Sad

    Volubilys : Moi aussi je fais des activités assez similaires. pingouin

    DC : Moi aussi, je dois en faire, sans doute, mais sans liste préétablie et sans fiche où on évalue si Kevin a dit "doux" en P1 ou en P3 de la PS et si Louis-Thaddée sait plus ou moins de mots que Killian et Jennifer...
    Je pense aussi que la différence vient du fait que je ne vais pas me polariser sur le thème des vêtements pendant une période puis sur celui du printemps pendant la suivante tout en reconnaissant que, d'année en année, on se rend compte qu'on aborde plus ou moins les mêmes thèmes aux mêmes âges et aux mêmes moments de l'année et que c'est plus ainsi que les enfants se structurent sur le repérage dans le temps qu'avec le calendrier et la date qu'on affiche pendant les rituels du matin.

    Enfin, ce qui m'étonne avec ce type de document, c'est qu'on y explique tout, tout, tout, y compris les "gestes professionnels à adopter" comme si on avait à faire à des gens recrutés au Pôle Emploi la veille et qui ne savent pas qu'on doit

    aménager l’espace du coin regroupement (et tout autre espace de travail choisi) pour permettre l’installation calme et la concentration des élèves

    Shocked ou encore qu'

    Il est important de proposer plusieurs situations de réinvestissement pour permettre une réelle appropriation du vocabulaire .

    pale

    Phi : Bon, tant pis je craque: vous faites de vraies séances de vocabulaire décrochées du reste vous? Moi je l'ai fait pendant les premiers mois de mon année de stage. Ma formatrice m'a fait remarquer que c'était complétement improductif même si c'était à la mode et j'ai arrêté. J'ai vraiment l'impression d'être nulle là cafe
    J'insiste sur les mots que nous découvrons, je les note sur la porte de "l'armoire aux mots" ou dans l'imagier de la classe, je leur montre les images sur internet quand il s'agit de boubou, de baobab ou de héron et de cigogne (ou même de plat à tarte, je rappelle que certains de mes élèves emploient le même mot pour désigner une tasse et un plat à gâteau, alors quand ils utilisent le mot "grenouille" à bon escient, je ne leur demande pas de le remplacer par "batracien"...) , je les encourage à les réutiliser, les reprends dans mes exercices et mes phrases du jour... Mais c'est tout. En maternelle c'était la même chose, armoire de mots en moins. Je leur parlais avec le vocabulaire et la syntaxe les plus corrects possibles tout en ne leur demandant pas de répéter, je ne faisais pas de listes encore moins de listes de "structures syntaxiques" à leur faire répéter avec des variantes, comme des perroquets. Je n'ai jamais choisi de listes de mots à travailler pour elles mêmes, je me suis toujours dit que le vocabulaire viendrait en faisant, surtout en maternelle, qu'en faisant de la pâte à sel parfumée ils apprendraient naturellement les mots saladiers, sel, farine, poudre, mais aussi épice, clou de girofle, cannelle,... les verbes touiller, verser, renverser, sentir, mélanger, sécher, mouiller, mais aussi pétrir les adjectifs dur, mou, odorant,... et j'ai même cru que ce seraient plus efficace que de faire pleurer Miléna en lui faisant répéter "sans la lâcher, surtout, sans la lâcher" "Je verse le sel, tu verses le sel,...". Dans ma passivité et mon incompétence, je les laissais parler,parlais surtout moi même beaucoup, leur posait des questions sans les brusquer, reformulait lorsqu'ils se trompaient sans les forcer à répéter. Je ne leur ai jamais fait faire d'activités spécifiques de vocabulaire sur un album, je n'ai pas fait d'entrée par les TICE, n'ait jamais songé à leur faire présenter le journal télévisé.
    Bref, une vraie nouille. cafe

    Je me sens vraiment seule en ce moment.

    Volubilys : Rappelons que je suis une maîtresse nulle, incompétente, et que les parents d'élève de mon ex-école ont demandé mon renvoi de l'EN. professeur

    Je ne fais pas de "séance perroquet" non plus, ni de liste de vocabulaire au préalable, ni d'activité où on doit apprendre des mots pour apprendre des mots.
    Par contre, par exemple, pour le moment, je travaille sur le printemps (à la demande de ma collègue), j'ai emmené des fleurs, on les a plantées, on observe des branches de marronnier que j'ai mises dans un vase et dont les bourgeons s'ouvrent peu à peu, on va bientôt semer des graines... tout cela apporte une quantité non négligeable de vocabulaire. Je fais alors attention à être précise quand je parle, et je m'efforce d'employer un vocabulaire assez riche.
    Je prends des photos qu'on légende ensemble, pour leur faire réutiliser ce vocabulaire, j'apporte tous les jours un petit quelque chose (objet, photo, reproduction d'oeuvre, album...) qui va ajouter un peu de vocabulaire et leur faire réutiliser celui déjà vu... Par contre, je n'évalue pas, pauv'e môme, il y a des choses plus intéressantes à faire.
    Il faut aussi dire que là, mes MS ne savaient même pas ce qu'était une pâquerette, il y a du boulot donc... et que d'un autre côté, je suis sur un mi-temps et la titulaire impose les thèmes et le fonctionnement.
    Bref, je ne fais pas du vocabulaire juste pour faire du vocabulaire, mais pour apprendre ce qui nous entoure. On ne parle pas pour parler, mais on parle de quelque chose.

    Pour en revenir au doc de Phi, étant sur un mi-temps, je dois appliquer et créer ce genre de séquences, mais je pars de ce que j'ai fait et je remplis les cases, car bon, c'est surtout une vue de l'esprit leurs cases, avec un peu d'entrainement on peut y écrire n'importe quoi.

    DC : Et de trois nullités, trois ! Bien sûr que non que je ne fais pas de séance de vocabulaire décrochée ! Je n'ai pas le temps puisque j'en fais tout le temps (euh... pas clair mon truc) !

    Et c'est bien pour ça que je me suis battue, je me bats et je me battrai pour qu'on ne nous pique pas encore plus d'heures et qu'on nous supprime nos fondamentaux pour les remplacer par des modules en kit qu'on peut apporter un matin, traiter en x séances préformatées et oublier dès qu'on a validé "l'élève sait où est le disjoncteur" ou "l'élève a employé le mot "couverture" trois fois au cours de la séquence".

    Phi : L'élargissement du vocabulaire est un objectif prioritairement recherché mais uniquement secondairement atteignable professeur

    De même que s'endormir le soir ou réaliser un chef d'oeuvre artistique. Ça ne se fait pas avec une grille d'objectifs à atteindre, c'est tout. cafe

    Phi :

    Je rappelle ce formidable texte qui a beaucoup contribué à me sortir de la dépression l'an dernier.
    L'enfant arrive à l'école parlant à peine, soit parce qu'il est encore trop jeune, soit parce que, grâce aux différents patois que l'on parle dans les trois quarts de la France, le langage qu'il a entendu jusqu'alors et qu'il entend encore soir et matin diffère de celui de la maîtresse. Il s'agit de lui enseigner sa langue maternelle. Dans la famille, cela se fait tout naturellement : l'enfant écoute plus qu'on ne le croit, il pense, et les expressions lui arrivent chaque jour plus nombreuses et plus justes. A l'école, c'est terriblement difficile, et les résultats sont lents, parce que la causerie est bel et bien une leçon sur un sujet qui n'intéresse pas l'enfant, ou sur un sujet qui l'intéresserait pour peu que l'on voulût entrer dans ses vues, tandis qu'il le laisse froid, parce qu'on veut le forcer, lui, à entrer dans les vues d'autrui.
    Pendant des années, les enfants des salles d'asile ont répondu par monosyllabes à une question directe, ou tous ont récité des phrases toutes faites que leur mémoire avait retenues.
    « Ce n'est pas cela, avons-nous dit aux directrices. L'enfant doit penser avant de parler, puisque la parole est l'expression de la pensée ; ne lui dictez pas ses réponses ; la phrase qu'il aura faite lui-même vous prouvera seule qu'il a une idée nette, une idée à lui. Un seul mot, sujet ou complément, n'exprime pas une pensée ; ne vous contentez pas d'un seul mot. »
    Nous avons été compris et obéis… servilement. Nos conseils, pris au pied de la lettre, tuent toute initiative intellectuelle chez les enfants. J'en ai des preuves récentes.
    J'étais dernièrement dans une école maternelle que je dirais excellente si je ne la jugeais que sur le dévouement absolu de la directrice, qui, jour après jour, y épuise ses forces. Livrée à ses propres inspirations, cette brave et intelligente fille aurait sans doute trouvé des procédés pour développer ses petits élèves; mais elle a dû obéir à la méthode autoritaire, implacable,… puis les parents veulent des résultats immédiats,… puis elle soutient une concurrence aussi implacable que la méthode. Bref, son école, qui devrait être une bonne école maternelle, est une mauvaise école primaire.
    « Voulez-vous faire causer les enfants ? » demandai-je à Mlle X… pour faire cesser une dictée au tableau noir qui me désespérait.
    Elle fit lever une petite fille de cinq à six ans (disons en passant que ce seul fait d'être obligé de se lever paralyse presque toujours la spontanéité de l'enfant; je voudrais qu'à l'école maternelle on renonçât à cette habitude).
    « Comment s'appelle ta petite sœur?
    - Julia, répondit l'enfant, en levant vers nous de jolis yeux bleus qui souriaient aussi gracieusement que ses lèvres.
    - Est-ce ainsi que l'on doit répondre ? tu sais bien que je ne vous permets jamais de répondre par un seul mot. Fais une phrase. »
    Le front de l'enfant se rembrunit. Elle resta muette.
    « Voyons, ma chérie; dis comme moi : Ma petite sœur s'appelle Julia.
    - Ma petite sœur s'appelle Julia, récita l'enfant.
    - C'est très bien. Et quel âge a-t-elle, ta petite sœur?
    – Trois ans.
    – Encore ! Tu sais très bien qu'il faut répondre : Ma petite sœur a trois ans. »
    Ce fut fini. La petite sœur de Julia ne répondit rien ; elle s'assit ; ni ses yeux bleus ni sa bouche ne souriaient plus.

    cf. Le sectionnement par Pauline Kergomard
    « Enseigner le vocabulaire à l'école maternelle (dgesco, 2010)Images séquentielles Le temps qui passe »

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 30 Octobre 2013 à 16:10

    Incroyable ! les bras m'en tombent !

    2
    Mercredi 30 Octobre 2013 à 16:38

    Ce n'est pas très explicite, drine1972. On ne sait pas ce qui est incroyable, ni pourquoi c'est incroyable.

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