• La rédaction au CE1 (Bourriquet)

    Bourriquet répond à la question Comment travaillez-vous la rédaction au primaire ? (Forum Neoprofs)

    Un principe de base pour la rédaction, pour moi : n'écrire que ce qu'on peut écrire, c'est-à-dire, apprendre à écrire tout de suite avec une orthographe juste. Pas d'encodage pur, ça m'énerve ça. Donc en aval, gros gros travail de grammaire, d'orthographe, de conjugaison, de dictées en tout genre, et de lecture.

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    Combat du hérisson et de la vipère images rédaction
    Au CE1, je viens de commencer les choses sérieuses que maintenant, avec ce genre de documents, où il faut rédiger une phrase par illustration, en pensant bien à toutes les règles de grammaire qu'on a étudiées. Et surtout, le point, la majuscule, faire une phrase qui ait du sens. Avant de les lancer, séance orale bien sûre, on s'exprime et on dit la phrase qu'on pourrait bien écrire, on voit si c'est correct, si ça a du sens, et c'est parti en autonomie.

    Je suis épatée, les élèves réussissent tous, même les plus fragiles, je n'ai presque pas d'erreurs à corriger, ou bien je les renvoie à leur place en les questionnant ("Là, s'il y en a plusieurs, qu'est-ce que tu dois mettre à la fin de ce nom ? Qui est-ce qui attrape ? Alors, tu mets quoi à la fin du verbe ?"...). Pas de 1er, 2e, 3e jet, juste une correction immédiate des erreurs.
    J'étais un peu stressée parce qu'en début d'année, on n'a presque pas rédigé... mais maintenant je les sens mûrs, avec quelques principes de base (présent du 1er groupe, notion de genre, nombre, sujet). ça roule. vive les gens de ce forum !!!!!

     

    Discussions sur Neoprofs :

    Dhaiphi : Content pour toi !

    Bourriquet : Hum... sentirais-je l'ombre du début d'une esquisse d'un soupçon d'ironie à l'horizon de ta succinte mais néanmoins heureuse réponse ? Bien sûr, je parle des élèves, pas des deux sociopathes dont les troubles ont été causés par leur chagrinant environnement familial, abreuvés de télé, de jeux vidéos et de chips (ou de nouilles chinoises sans eau).
    Pour preuve, lorsque j'aurai terminé le génocide intérieur des microbes qui troublent mon organisme (eh oui, que veux-tu, c'est la dure loi de la jungle...), je retournerai à l'école et je pourrai vous présenter un ou deux de ces travaux d'élèves faibles.

    En tout cas, pour moi, je rends toute la gloire au manuel de Muriel Strupiechonski, parce qu'il est intelligent et simple, et que grâce à lui, les élèves progressent. Je suis épatée que ce public qui parle si mal français, de CSP (très) défavorisée, puisse reconnaître des noms, des verbes, dans des phrases, et me produire de petites phrases correctes à l'écrit. Selon moi, qui ne suis finalement qu'un âne bleu, faire-valoir d'un ours orange qui mange du miel et qui a une drôle de voix, le langage et son analyse sont vraiment essentiels pour la construction de la pensée.

    Mufab :

    A part CSP (je ne sais pas ce que c'est...), même constat pour moi, aves d'autres outils, mais peu importe.

    Bourriquet :

    CSP = Catégorie socio-professionnelle, c'est-à-dire, que quand on a traversé des moins 20 degrés en février, les élèves n'avaient ni bonnet, ni écharpe, ni gants, ni chaussettes, juste une petite veste de jogging, que quand on fait l'équilibre alimentaire et que je demande
    "Qu'est-ce qu'on mange le matin ?
    -un bol de lait.
    -et à midi ?
    - un bol de lait.
    -et le soir ???
    - un bol de lait.
    - vous ne connaissez pas d'autres aliments ? Vous n'avez jamais mangé une orange ??????? " Crying or Very sad
    ça veut aussi que les habits sont troués et sales, que les dents sont gâtées, les poux pas exterminés, que des maladies comme la gale sévissent dans le quartier, qu'on tue les cafards dans les maisons à coup de balais, qu'on est arrivé la semaine dernière d'un long voyage à pied depuis l'Afghanistan, que des fillettes bien gentilles mais tout-à-fait éteinte n'essaie même pas de faire des efforts pour apprendre le français parce que de toute façon elles sont fiancées et retourneront d'ici quelques années dans le pays d'origine de leurs parents pour épouser un inconnu... bref, c'est le quart-monde. Notre ville semble être une plate-forme d'accueil nationale pour les émigrés qui fuient des situations bien pires, et qui attendent en général d'être "distribués" dans d'autres villes. Beaucoup de turn-over, beaucoup de misère. (Ceci est un résumé des situations des écoles que j'ai fréquentées dans cette ville, y'a pas tout partout...)
    Alors quand je vois "La vipère attaque le hérisson", j'exulte ! Smile

    Doublecasquette :

    Eh, bonsoir Bourriquet ! Et tu attaques avec six images ? Chapeau ! Les miens en sont toujours à trois ; je passerai à six après les vacances de printemps.

    Sowandi :

    Merci, c'est vraiment très intéressant !

    Je réfléchis à la façon de faire travailler mes CE1 francophones la rédaction française pendant le peu de temps que je les ai par semaine. Combien de temps environ consacres-tu à cet exercice ?

    Arcenciel :

    Comme DC et Bourriquet, je procède par étapes pour la rédaction.
    Jusqu'aux vacances de février, c'était réponses aux questions de lecture avec exigence de phrases bien construites ayant un sens sans oublier maj et point.
    Ensuite, 3 à 6 images séquentielles avec une phrase pour chacune.
    Et à partir du mois de mai, j'utiliserai la démarche de DC proposée en CE2 avec un canevas de questions qui débouche sur un petit texte.
    En espérant qu'ils seront prêts pour les évaluations...

    Tinsel :

    Rooolala la honte... Si vous aviez vu ce que je leur faisais faire l'an dernier en suivant la méthode Ribambelle CE1 Embarassed Embarassed
    Ceci dit je voyais bien que c'était sans intérêt!
    C'est bien que je n'ai pas eu de CE1 cette année, je me sens plus prête pour les reprendre l'an prochain!
    Je vais essayer de voir ce que c'est ce Dumas.

    Mufab :

    Je trouve perso que la démarche de Bourriquet ressemble plus à une dictée (différée) qu'à de la rédaction, mais pourquoi pas.

    Il y aurait peut-être moyen de zapper la phase orale, de les faire écrire une phrase de leur cru pour chaque image (en se bornant aux 4 premières), de procéder à une réécriture orientée par tes soins, puis de leur laisser écrire la fin de leur choix (avec aide éventuelle des images pour ceux qui n'ont pas d'idées).

    Ou alors c'est trop difficile ?

    Mowgli :

    Muf', je crois vraiment que c'est en procédant comme Bourriquet, Arcenciel, DoubleCasquette... en CP et CE1 que l'on peut envoyer en cycle 3 des élèves capables d'écrire un texte cohérent et ce dès le premier jet.

    A mon avis, si tu récupérais en CE2 des élèves qui avaient appris à lire et écrire en CP avec des méthodes rigoureuses et qui avaient fait leurs premiers pas dans l'exercice si difficile de la rédaction comme ceux des copines, tu t'arracherais moins les cheveux en CE2. Wink

    Mufab :

    Sans polémique aucune - qu'est-ce qui te gêne dans ce que je propose ?

    Parce qu'autant je considère la lecture, dans la plupart des cas (sauf par exemples lecture des titres, ou relevé d'éléments d'un texte connu), comme une action linéaire, autant l'écriture nécessite des reprises différées dans le temps, des ratures, des refontes, des ajouts, des références à des textes existants, des critères, des corrections de surface... un brouillon, quoi.
    C'est ce guidage que j'essaie de mettre en oeuvre avant la réécriture.

    Sapotille :

    A mon sens , en ce qui concerne les images séquentielles, un grand travail à l'oral peut précéder "la rédaction" d'un petit texte personnel, ensuite.
    Une découverte en silence durant 3 mn, puis un partage avec des mots "jetés" au tableau.

    Puis, pour chaque mot, on peut chercher ensemble des synonymes dans un langage plus soutenu en les présentant à côté du mot trouvé initialement et barré :

    Exp: prendre attraper, se saisir de (pour le hérisson qui se saisit du serpent)

    Ensuite, chacun écrit ses petites phrases en se référant à ce qui a été trouvé collectivement et qui reste au tableau.
    Cela donne en général de jolis petits textes qui sortent du langage parlé.

    Ceci pour varier et alterner avec les questions qui engendrent un texte et qui permettent une synthèse de ce texte (cf. progression CE1 d'Akwabon).

    Mufab :

    J'aime bien cette démarche. Elle peut (même au Ce2) réassurer les élèves qui ont peu de moyens personnels pour rédiger.
    On pourrait aussi prévoir (vu que nous aussi on a des grands écarts mais avec beaucoup d'élèves) une marge de liberté concernant la fin, pour les plus débrouillés.

    Sapotille :

    Et dans le même genre de démarche, pourquoi pas une dictée à l'adulte collective au cours de laquelle chaque mot est choisi pour rendre le texte le plus riche possible et ensuite chacun recopie, sur son cahier, et de sa plus belle écriture,cette belle oeuvre collective.
    L'usage d'un dictionnaire des synonymes au cours de ce travail pourrait s'avérer très enrichissant.

    Inutile d'ajouter que je ne conçois ce travail d'écriture que comme un apprentissage et non comme l'objet d'un contrôle quelconque.

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