• Source : 

    La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015 (Neoprofs)

     

    V. Marchais : Les IDD (Itinéraires De Découverte, équivalent des EPI dans les années 2000), j'ai connu, j'ai fait.

    Et quoi qu'on raconte, faire rédiger quelques phrases pour illustrer un diaporama, des cartels d'exposition, de rapides explications sur le fonctionnement des volcans, l'accueil des handicapés, tout ce qu'on voudra, ça ne met pas du tout en jeu les mêmes exigences qu'apprendre patiemment et méthodiquement à étoffer et complexifier ses phrases, enrichir son récit, ménager des effets stylistiques, nuancer son lexique - et éprouver cette joie de se voir capable, jour après jour, de récits plus riches et plus précis.

    On leur fera peut-être corriger un "s" oublié ici ou là, mais ce n'est pas durant cette heure qu'ils apprendront les règles d'orthographe, ni les concepts grammaticaux indispensables à leur intégration.

    Les projets interdisciplinaires sont le lieu où, au mieux, on permet aux élèves de mobiliser ce qu'ils maîtrisent déjà, mais en aucun cas le lieu d'un apprentissage méthodique de quoi que ce soit.

    Au pire, ils sont le lieu d'un brassage d'air aussi épuisant (pour l'enseignant) que vain (pour les élèves).

    Leur financement sur les horaires disciplinaires se fait donc au détriment du contenu enseigné.

    Il ne faut pas se raconter d'histoire, ce "enseigner autrement" est un leurre.

     

    P. Jacolino : Il faut réclamer publiquement notre droit à exercer notre liberté pédagogique en faisant nous-même de l'interdisciplinaire dans le cadre de nos matières. 

    En français : 

    - langue, 

    - rédaction, 

    - littérature, 

    - histoire culturelle, 

    - histoire économique et sociale, 

    - histoire de l'art. 

    Il y a de quoi faire ,déjà...

     

    V. Marchais : C'est ce que je pensais, Dr Who ! Ce matin, j'ai encore fait une heure interdisciplinaire grammaire / vocabulaire / écriture ! 

     

    Ergo : Mais oui ! 

    L'an dernier, j'ai fait lire The Call of the Wild (version abrégée et simplifiée) en 5e. Ils l'ont lu en français également. Hop, interdisciplinaire.

    En 3e, on travaille à partir d'Oliver Twist. Et hop: grammaire, vocabulaire, histoire...

     

    P. Jacolino : Mais je le pense vraiment. La dimension historique du cours de français est souvent négligée, mais mérite d'être développée. 

    Ce n'est pas un problème d'organisation (EPI), mais éventuellement un problème de formation.

    Plus généralement, un programme bien pensé comporte obligatoirement DES TAS d'aspects interdisciplinaires.

    --> lire Pierre Jacolino, Les E.P.I. : O.P.A. sur l'interdisciplinarité !

     

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    Annexe :

    Collège : Mieux apprendre pour mieux réussir (2015)

    Les projets interdisciplinaires pour apprendre à rédiger ? (V. Marchais)

    Télécharger « College-Mieux-apprendre-pour-mieux-reussir_398622.pdf »

     

    Donner de PLUS GRANDES marges d’initiative AUX ENSEIGNANTS : 20 % DU TEMPS CONSACRÉ AUX NOUVELLES MODALITÉS D'ENSEIGNEMENT

    La confiance dans la capacité des équipes pédagogiques et éducatives à définir les réponses aux besoins de leurs élèves est une des clés de la réussite de cette réforme. Elles disposeront d’une réelle capacité d’initiative. Au total, les nouvelles modalités d’enseignement (les enseignements pratiques interdisciplinaires, l’accompagnement personnalisé et le travail en petits groupes) représenteront 20 % du temps des enseignants qu'il leur reviendra d'organiser (en conseil pédagogique) en fonction des besoins des élèves ; pour l’apprentissage des élèves, ils représenteront 4 à 5 heures chaque semaine :

    • les équipes pédagogiques choisiront à l’intérieur de leurs programmes les contenus des nouveaux thèmes de travail des enseignements pratiques interdisciplinaires et leurs modalités de prise en charge par des enseignants de plusieurs matières ;

    • elles définiront ce qui sera proposé aux élèves pendant les temps d’accompagnement pédagogique : travail sur les méthodes pour apprendre, approfondissement disciplinaire, etc.

    • elles choisiront les heures de cours qui seront dispensées en groupes à effectifs réduits.

    Au-delà de ces 20 %, le travail en équipe permettra une meilleure coordination des enseignants et une meilleure détection des difficultés des élèves, un meilleur montage de projets en commun.

     

    Les nouveaux programmes, plus cohérents, laisseront à chaque enseignant plus de souplesse et de temps pour mettre en oeuvre des pédagogies plus actives.

    Le collège de 2016 devra mieux enseigner les savoirs fondamentaux, former à d'autres compétences et avoir un fonctionnement quotidien assoupli pour s’adapter à la diversité des besoins des élèves. La réforme du collège concerne simultanément les programmes, les pratiques d'enseignement et l’organisation pédagogique. Najat Vallaud-Belkacem souhaite partir de ce qui marche déjà sur le terrain, libérer les capacités d’initiatives des enseignants et leur traduire cette confiance et ce soutien dans une nouvelle organisation plus responsabilisante et collective. La ministre présente, mercredi 11 mars, les évolutions du collège en 2016 afin qu'il permette à tous les élèves de mieux apprendre pour mieux réussir.

     

    Après des années qui ont vu sa place et son rôle mis en cause à mesure que ses moyens s’amoindrissaient et que sa performance se dégradait, l’école est engagée dans une refondation globale qui est au cœur du redressement de notre pays voulu par le Président de la République. L'enjeu de cette refondation tient dans ce double défi de rétablir la performance du système éducatif, en assurant la réussite du plus grand nombre et en luttant contre le déterminisme social, et de rendre à l’école sa mission de transmettre et de faire partager les valeurs de la République.


    La loi du 8 juillet 2013 a déjà permis d’engager des évolutions positives, concentrées sur le premier degré, là où se forment les premières inégalités d’apprentissage. Aujourd’hui, nous devons prolonger la refondation en imaginant une nouvelle organisation du collège, opérationnelle dès la rentrée 2016.


    Les évaluations nationales et internationales sont sans appel : le collège aggrave la difficulté scolaire, particulièrement dans les disciplines fondamentales. Sans mettre en cause la compétence et l'engagement des enseignants, force est aujourd’hui de reconnaître lucidement que le collège cristallise les défauts de notre système éducatif. Il est profondément inégalitaire, triant les élèves davantage qu’il ne les accompagne dans la réussite. Il est monolithique dans son approche disciplinaire, suscitant parfois l’ennui, voire la perte du goût pour le travail et l’effort. Il est inadapté au développement des compétences indispensables à la future insertion des collégiens et peu efficace sur l’orientation et la lutte contre le décrochage. En définitive, le collège actuel est souvent peu motivant pour les élèves, anxiogène pour les parents et frustrant pour les professeurs, auxquels il ne laisse que peu d’autonomie.


    Pour sortir de l’impasse actuelle, qui annihile la promesse républicaine d’égalité de l’école, et redonner sa pertinence, 40 ans après sa création, à l’ambition républicaine du collège unique, j’ai engagé une démarche pragmatique et globale.


    Pragmatique, parce que je veux d’abord partir de ce qui marche déjà sur le terrain, libérer les capacités d’initiatives des enseignants et leur traduire cette confiance et ce soutien dans une nouvelle organisation plus responsabilisante et collective.


    Globale, parce que nous devons repenser en même temps les contenus, les pratiques d'enseignement et l’organisation pédagogique pour répondre aux enjeux du collège de 2016, qui devra mieux enseigner les savoirs fondamentaux, former à d'autres compétences et assouplir le fonctionnement quotidien pour sortir de l’uniformité et s’adapter à la diversité des besoins des élèves.


    C’est cette réforme que vous présente le dossier suivant. Une réforme porteuse d’un impératif qui est plus qu’une ambition :assurer un même niveau d’exigence pour que tous les élèves acquièrent le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, par une priorité centrale donnée à la maîtrise des savoirs fondamentaux.


    C’est cet impératif qui guide la refonte de l’ensemble des programmes engagée en cohérence avec le nouveau socle commun. Des programmes plus clairs pour des compétences et des savoirs fondamentaux mieux identifiés et mieux enseignés, c’est l’intérêt partagé des professeurs et des élèves.


    C’est ce même impératif qui doit nous conduire à améliorer la façon de transmettre pour les professeurs et d’apprendre pour les élèves, en donnant aux équipes une marge de manœuvre de 20 % du temps d’enseignement, dans le respect des horaires disciplinaires. Ce temps dédié à un apprentissage différent des savoirs fondamentaux, par le travail en petits groupes, des enseignements pratiques interdisciplinaires ou un accompagnement individuel particulièrement renforcé en 6e, est au cœur de la nouvelle organisation du collège. Il répond aux défis pédagogiques du collège de demain, qui nécessitent des apprentissages en rapport avec les formes simples et coopératives d’accès aux savoirs de notre société. Dans le même esprit, le développement du numérique dans toutes ses dimensions, l’apprentissage d’une première langue vivante dès le CP puis d’une seconde langue vivante dès la 5e correspondent à leur importance décisive dans la vie sociale et le monde du travail contemporains.


    Avec cette réforme qui pour la première fois concerne simultanément les programmes et les méthodes d’apprentissage, je veux que le collège permette à tous les élèves de "mieux apprendre pour mieux réussir ", en maîtrisant les savoirs fondamentaux et en développant les compétences du monde actuel. Qu’il permette également de mieux apprendre avec plus de confiance dans les enseignants, plus d’autonomie pédagogique, plus de capacité d’adaptation aux besoins divers des élèves. Qu’il soit enfin un collège de l’épanouissement et de la citoyenneté, qui crée du commun et fasse vivre les valeurs de la République.


    La consultation qui s’ouvre doit permettre de rassembler et de mobiliser l’ensemble de la communauté éducative vers ce collège de 2016, plus performant pour la maîtrise des savoirs fondamentaux, plus stimulant pour les élèves sur la manière d’apprendre, plus confiant dans l’autonomie renforcée des équipes éducatives, plus adapté aux nécessités du monde de demain, plus soutenant pour tous les élèves afin d’accompagner la réussite du plus grand nombre.

     
     

    Najat Vallaud-Belkacem,
    ministre de l'Éducation nationale,
    de l'Enseignement supérieur
    et de la Recherche

     

    1 - Renforcer l’acquisition des savoirs fondamentaux en combinant des apprentissages théoriques et pratiques

    Constat 1 - Aujourd’hui, le collège ne garantit pas l’acquisition des connaissances de base

    En 10 ans, les élèves ont régressé en français, en maths, en histoire.

     

     

    * Les élèves du groupe 0 ne sont capables que de réponses ponctuelles et dispersées ; ils ont très peu de connaissances disciplinaires ; les élèves du groupe 1 ont des connaissances très fragmentaires et restreintes.

    1.1 - Un nouveau socle et des programmes pensés pour garantir la maîtrise du français, des mathématiques et de l’histoire

    Le nouveau socle commun de connaissances et de compétences et les nouveaux programmes qui en découleront et entreront en application à la rentrée 2016 ont été entièrement repensés.

    • Pour la première fois, les 800 000 enseignants ont contribué à l’élaboration de ce nouveau socle et de ces nouveaux programmes.
    • Ils sont pensés pour l’ensemble de la scolarité obligatoire, ils sont donc plus progressifs et plus cohérents.
    • Ils sont plus simples et plus lisibles.
    • Ils mettent les acquis des élèves au cœur de la pratique (désormais, le programme, ce n’est plus ce que l’enseignant doit faire avec les élèves mais ce que les élèves doivent savoir).
    • Ils sont moins prescriptifs (ils font davantage confiance aux enseignants et à leur connaissance des besoins des élèves).

    Les programmes ne sont ni allégés, ni alourdis ; ils correspondent à une nouvelle logique qui met les acquis de l’élève au cœur de la pratique des enseignants.

    Les nouveaux programmes de français

    Les nouveaux programmes de français mettent au centre la maîtrise et l’utilisation de la langue, à l’oral et à l’écrit. Les nouveaux attendus de maîtrise de la langue sont plus exigeants. Par ailleurs, afin de contribuer à améliorer le niveau en français de tous les collégiens, des éléments culturels et linguistiques des langues anciennes seront intégrés dans le programme de français. L’excellence sera ainsi mise au service de la réussite de tous et de la réduction des inégalités de maîtrise de la langue française.

    Les nouveaux programmes de mathématiques

    Les nouveaux programmes de mathématiques vont construire chez les élèves la culture mathématique nécessaire à la compréhension du monde d’aujourd’hui et rendront l’enseignement des mathématiques plus attractif. L’élève pratiquera très régulièrement le calcul, mental et écrit. Il maîtrisera les ordres de grandeur. Il résoudra des problèmes impliquant des grandeurs variées (géométriques, physiques, économiques). Il utilisera régulièrement l’informatique. Il connaîtra les principes de base du codage. Il connaîtra les langages simples de programmation informatique. Les liens entre les mathématiques et les autres matières seront renforcés : les mathématiques sont un "bien commun " que partagent toutes les matières.

    Les nouveaux programmes d’histoire

    Par ses programmes, par ses enseignements, l’histoire-géographie contribue de façon essentielle à la compréhension des enjeux des sociétés contemporaines. Elle donne les repères spatio- temporels, chronologiques, culturels indispensables à la culture générale d’un citoyen du xxie siècle. La connaissance du passé, le travail de mémoire qu’elle alimente sont essentiels à la transmission des valeurs républicaines et des principes du vivre-ensemble. Plus simples, plus lisibles, plus progressifs et plus cohérents, les nouveaux programmes permettront aux élèves de mieux maîtriser la connaissance du passé.

    Socle et programmes

    Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture présente ce que tout élève doit savoir et maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire. Il rassemble l'ensemble des connaissances et des compétences indispensables, qui lui permettra de s’épanouir personnellement, de développer sa sociabilité, de réussir la suite de son parcours scolaire. La maîtrise du socle est attestée par l’obtention du diplôme national du brevet (DNB). Entièrement revu avec la contribution des 800 000 enseignants, le nouveau socle est soumis au CSE le 12 mars 2015.

    Les programmes constituent le cadre national au sein duquel les enseignants organisent leurs enseignements en prenant en compte les rythmes d'apprentissage de chaque élève. Pour la première fois, ces programmes sont repensés en cohérence avec le nouveau socle. Les enseignants seront consultés du 8 avril au 22 mai 2015 sur le projet proposé par le Conseil supérieur des programmes. Tout comme le socle, les programmes de l’école élémentaire et du collège entreront en vigueur à la rentrée 2016.

    1.2 - Une nouvelle pratique pédagogique pour que les élèves s'approprient mieux les connaissances : les enseignements pratiques interdisciplinaires

    À compter de la rentrée 2016, pour mieux s'approprier des savoirs abstraits, les élèves bénéficieront d’enseignements pratiques interdisciplinaires. Ils permettront aux élèves de comprendre le sens de leurs apprentissages en les croisant, en les contextualisant et en les utilisant pour réaliser des projets collectifs concrets.

    • Ces projets s’inscriront dans l’un des huit nouveaux thèmes de travail correspondant aux enjeux du monde actuel : développement durable ; sciences et société ; corps, santé et sécurité ; information, communication, citoyenneté ; culture et création artistiques ; monde économique et professionnel ; langues et cultures de l’Antiquité ; langues et cultures régionales et étrangères.
    • Ces temps de travail sont des moments privilégiés pour mettre en œuvre de nouvelles façons d’apprendre et de travailler pour les élèves. Ils développeront l'expression orale, l'esprit créatif et la participation.
    • Les projets sont pris en charge par les enseignants de toutes les matières qu'ils sollicitent. Ils définissent en équipe les contenus des cours.
    • Ils concernent les élèves du cycle 4 : 5e, 4e, 3e. Ils travailleront sur au moins deux thèmes chaque année.
    • Les nouveaux thèmes de travail sont inscrits dans les programmes. Les projets sont évalués et inclus dans les compétences du diplôme national du brevet.
    • Les collèges qui proposaient l’option facultative latin pourront l’inclure dans la matière complémentaire Langues et cultures de l’Antiquité. Les élèves pourront ainsi, s’ils le souhaitent, poursuivre l’apprentissage du latin de la 5e à la 3e.
    • Des exemples de projets concrets seront proposés par le ministère de l’Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche sur son site eduscol.education.fr.

     

    Sciences et société : mathématiques, physique et histoire

    Un magazine consacré à la machine à vapeur

    Nadia, Carole et Jérôme sont en classe de 4e. Ce trimestre, le jeudi après-midi de 14 h à 16 h, avec leurs professeurs de mathématiques, de physique-chimie et d’histoire, ils mènent un projet sur la machine à vapeur : créer un magazine consacré à cette invention.

    Du cours d’histoire, ils utilisent leurs connaissances sur la révolution industrielle au xixe siècle.

    Du cours de physique, le chapitre sur la pression d’un gaz.

    Leur professeur de mathématiques leur a demandé de prouver qu’il s’agissait réellement d’une révolution en calculant, à partir de la vitesse d’un cheval et la vitesse des premiers trains, le temps gagné pour rejoindre les villes de Lyon, Marseille, Orléans et Nantes depuis Paris.

    Nadia, Carole et Jérôme rédigent actuellement leur magazine et seront évalués dans quelques semaines sur ce projet qu’ils présenteront à toute leur classe.

     

    Information, communication, citoyenneté : enseignement moral et civique, arts plastiques

    Les débats en caricatures

    Agnès, Éloïse, Léo, Lorraine, Zinedine et Matteo sont élèves en classe de 5e. Leurs professeurs d’arts plastiques et d’enseignement moral et civique ont décidé de réaliser un travail autour de la liberté de la presse et, plus particulièrement du dessin de presse.

    En enseignement moral et civique, il est demandé à chaque élève d’être en capacité d’argumenter et de confronter ses jugements à ceux d’autrui dans une discussion. Les six élèves doivent se regrouper pour organiser un débat autour de caricatures qu’ils doivent préparer dans le cadre du cours d’arts plastiques.

    Leur enseignant a choisi de faire venir pendant une heure de cours un caricaturiste du journal local, qu’il a trouvé dans l’annuaire des réservistes citoyens et qui a accepté d’être le grand témoin de ce débat en classe.

    Agnès et Zinedine sont doués pour le dessin, ils ont donc réalisé chacun une caricature sur un même sujet qui divise en ce moment les élèves du collège : la proposition des élus du conseil de la vie collégienne d'organiser des Olympiades pour tous les élèves dont la finale aurait lieu un samedi après-midi. Agnès a défendu la proposition alors que Louis a proposé une caricature dans laquelle il critique le fait que cela se fasse en plus des heures de cours.

    Éloïse et Lorraine ont préparé et animé le débat dans la classe avec l’aide de leur enseignant et ont pu bénéficier d'un regard extérieur sur le sujet grâce au caricaturiste. Chacun a pu exprimer son point de vue. Léo et Matteo ont pris des notes pendant le débat et préparé un article pour le journal du collège.

    Les enseignants les ont évalués sur ce projet complet : les caricatures, l’organisation du débat et l’article de presse.

     

    Développement durable : physique, sciences de la vie et de la terre, technologie

    Des éoliennes en maquette

    Lucas et Nora sont élèves en classe de 3e et vont s’intéresser aux éoliennes avec leurs enseignants de physique, de SVT et de technologie.

    Pour leur projet, Lucas et Nora doivent créer une maquette et faire un reportage vidéo sur le blog du collège.

    Du cours de physique, Lucas et Nora utilisent ce qu’ils ont appris sur l’alternateur et les possibilités de production de l’électricité pour expliquer comment une éolienne produit de l’électricité. Avec quelques recherches personnelles, ils parviennent à aller plus loin et expliquer pourquoi certaines éoliennes sont plus performantes que d’autres.

    Du cours de SVT, le chapitre sur les énergies fossiles et énergies renouvelables qu’ils ont étudié il y a quelques semaines.

    Leur enseignant de technologie les accompagne dans la création d'une petite maquette représentant une éolienne. Ils ont déjà eu l’occasion en 5e et 4e d’être initiés aux démarches de conception et de modélisation numérique ; ils ont vu comment cela pouvait fonctionner sur un pont. À l'aide d'une maquette numérique, ils mettent en application leurs connaissances pour produire un modèle simple qui associe une hélice, un aimant et une bobine de cuivre qu’ils font tourner grâce à un sèche-cheveux afin d’alimenter une LED.

    Lucas et Nora ont été évalués sur cette vidéo dans laquelle ils sont parvenus à expliquer de manière simple comment fonctionnaient les éoliennes et pourquoi elles pouvaient représenter une source d’énergie d’avenir.

     

    Monde économique et professionnel : anglais, géographie, mathématiques

    C’est quoi un urbaniste ?

    Les professeurs d’anglais, de géographie et de mathématiques ont décidé de faire découvrir un métier aux élèves, celui d’urbaniste. Pour cela, chacun a prévu d’associer la découverte de cette profession à une partie de leur cours. Après avoir fait intervenir un professionnel de l’urbanisme qui a présenté aux élèves son métier, la mise en pratique a pu commencer.

    Le professeur de géographie lie le projet au chapitre sur la ville et sur les paysages et territoires pour que les élèves puissent mieux comprendre les problématiques posées dans ces chapitres à travers le regard d’un professionnel.

    Le professeur de mathématiques a choisi de s’appuyer sur l’urbanisme pour aborder le chapitre "Aires et périmètres. "

    Le professeur d’anglais quant à lui veut demander aux élèves de produire un exposé simple à l’oral sur ce sujet en expliquant brièvement ce qu’est le métier d’urbaniste et en prenant un cas très concret d’un quartier dans une ville anglophone.

    Marie et Mélanie vont donc préparer un exposé et pour répondre à l’énoncé, ont dessiné sur une grande affiche le plan d’un quartier de Seattle. Elles ont tout d’abord expliqué comment l’urbaniste travaillait pour définir les contours d’un nouveau quartier. Puis, à partir du plan qu’elles ont remis à tous les élèves, elles ont comparé l’utilisation des différentes surfaces : la surface du parc, la surface des habitations, la surface du nouveau centre commercial.

    Tout cela, en anglais !

    Elles ont ainsi découvert un nouveau métier tout en mettant en œuvre leurs compétences : les concepts simples sur la ville, le calcul des aires et l’anglais.

     

     

    2 - Tenir compte des spécificités de chaque élève pour permettre la réussite de tous

    Constat 2 - Aujourd’hui, le collège est trop uniforme. Il n’est pas adapté à la diversité des élèves

    • Les contenus proposés au collégien aujourd’hui sont, quels que soient ses besoins et quels que soient ses résultats, identiques à ceux proposés à tous ses camarades.
    • Selon une enquête de l’AFEV , seul 1 collégien sur 3 demande une explication à son enseignant quand il ne comprend pas (2 sur 3 en primaire).
    • Aujourd’hui, les collégiens ne se voient proposer que deux heures d’aide et d’accompagnement au travail personnel, en classe entière et uniquement en classe de 6e.

    2.1 Créer des temps d’accompagnement personnalisé pour tous les élèves

    Afin de tenir compte des spécificités de chaque élève, des temps d’accompagnement personnalisé vont être mis en place pour s’assurer que chaque élève maîtrise les savoirs fondamentaux et pour leur permettre d’approfondir leurs apprentissages. Ces temps d’accompagnement personnalisés serviront aussi à apprendre à chaque élève les méthodes de travail.

    Des horaires dédiés à l’accompagnement personnalisé sont prévus pour tous les élèves afin de s’adapter aux mieux à leurs besoins hétérogènes.

    Par âge

    En 6e, tous les élèves auront 3 heures d’accompagnement personnalisé afin que la transition école-collège se fasse dans les meilleures conditions (voir aussi encadré "Garantir la continuité école-collège"). On y fera acquérir plus explicitement les méthodes : prendre des notes, apprendre une leçon, faire des révisions, comprendre et rédiger un texte écrit, faire une recherche documentaire, etc.

    • En 5e, 4e et 3e, les élèves auront au minimum 1 heure d’accompagnement personnalisé permettant l'explicitation des attendus, l'approfondissement, l'entraînement, la construction de l'autonomie ;
    • Tous les élèves bénéficieront du même nombre d’heures d’accompagnement personnalisé.
    Par besoins

    Les élèves sont regroupés en fonction de leurs besoins et au sein de groupes dont la composition varie au long de l’année (c’est-à-dire pas toujours dans leur classe) ; cela permet à chaque élève, au plus comme au moins avancé, de renforcer ou d’approfondir ses connaissances dans les différentes matières en fonction de sa progression.

    Garantir la continuité école-collège

    Le conseil école-collège, composé des équipes de CM2 et de 6e, associe un collège et les écoles de son secteur de recrutement afin d’améliorer la continuité pédagogique et éducative entre l’école et le collège.

    Le conseil école-collège a la charge :

    • de garantir la cohérence de la construction et de la mise en œuvre des programmes de la maternelle à la 3e. Il s’assure de la prise en compte de la progressivité des apprentissages sur tout le temps de la scolarité obligatoire ;
    • d’assurer une harmonisation des pratiques éducatives pour garantir la continuité des apprentissages entre le CM2 et la 6e ;
    • d’échanger sur les besoins des élèves en amont de leur entrée au collège ;
    • de faciliter la mise en commun des ressources éducatives et pédagogiques des enseignants du premier et du second degré ;
    • de mettre en place des temps de formation en commun entre les professeurs des écoles et les professeurs du collège, indispensables à l’harmonisation des pratiques éducatives.

     

    Pierre, élève de 6e, a trois heures d’accompagnement personnalisé par semaine

    Ce trimestre, une de ces heures a lieu avec l’ensemble de sa classe : suite à un constat fait par les enseignants, le professeur d’histoire-géographie aide les élèves à identifier ce qu’ils peuvent améliorer dans leur compréhension des énoncés, en leur proposant d’analyser des sujets de contrôles dans différentes matières, puis d’en rédiger eux-mêmes. Les élèves ne travaillent pas tous sur les mêmes énoncés, et, au fil des séances, chacun affine son analyse. Après quelques cours, Pierre n’a déjà plus de difficulté à repérer ce qu’une même demande implique selon les différentes matières. Il va maintenant aborder ses difficultés plus particulières face aux énoncés de mathématiques qui continuent de lui résister un peu.

    Pour le prochain trimestre, Pierre a demandé à rejoindre le groupe d’expression orale, car il a envie de gagner un peu en aisance lorsqu’il doit parler devant la classe.

     

    2.2 - Développer les temps d'aprentissage en petits effectifs

    • Les petits groupes permettront aux enseignants d’interagir davantage avec les élèves et d’apporter des réponses à leurs besoins. Dans ces petits groupes, les élèves seront davantage sollicités, questionnés, mis en activité.
    • Les collèges bénéficieront de nouveaux moyens d’enseignement pour faciliter ces démarches. 4 000 ETP accompagnent ainsi la réforme du collège.

    Donner de plus grandes marges d’initiative aux enseignants : 20 % du temps consacré aux nouvelles modalités d'enseignement

    La confiance dans la capacité des équipes pédagogiques et éducatives à définir les réponses aux besoins de leurs élèves est une des clés de la réussite de cette réforme. Elles disposeront d’une réelle capacité d’initiative. Au total, les nouvelles modalités d’enseignement (les enseignements pratiques interdisciplinaires, l’accompagnement personnalisé et le travail en petits groupes) représenteront 20 % du temps des enseignants qu'il leur reviendra d'organiser (en conseil pédagogique) en fonction des besoins des élèves ; pour l’apprentissage des élèves, ils représenteront 4 à 5 heures chaque semaine :

    • les équipes pédagogiques choisiront à l’intérieur de leurs programmes les contenus des nouveaux thèmes de travail des enseignements pratiques interdisciplinaires et leurs modalités de prise en charge par des enseignants de plusieurs matières ;
    • elles définiront ce qui sera proposé aux élèves pendant les temps d’accompagnement pédagogique : travail sur les méthodes pour apprendre, approfondissement disciplinaire, etc.
    • elles choisiront les heures de cours qui seront dispensées en groupes à effectifs réduits.

    Au-delà de ces 20 %, le travail en équipe permettra une meilleure coordination des enseignants et une meilleure détection des difficultés des élèves, un meilleur montage de projets en commun.

    Les nouveaux programmes, plus cohérents, laisseront à chaque enseignant plus de souplesse et de temps pour mettre en œuvre des pédagogies plus actives.

    Des moyens donnés pour permettre aux équipes de s'approprier ces nouvelles marges d’initiative

    • Les équipes bénéficieront de formations pour les accompagner dans la mise en œuvre de leurs futurs projets dès l’année 2015-2016.
    • Le chef d’établissement pourra s’appuyer davantage sur des coordonnateurs de discipline, de cycle et de niveau ainsi que des référents, dans la mesure où les missions de ceux-ci sont désormais reconnues grâce à des indemnités pour missions particulières. Ces indemnités de mission particulière peuvent aller jusqu’à 3 750 euros par an.
    • Les nouvelles modalités de constitution du conseil pédagogique, dont les membres sont désormais désignés par le chef d’établissement sur proposition des équipes pédagogiques, favorisent l’exercice de ses compétences : concertation, réflexion et animation pédagogiques.
    • 4 000 postes sont créés pour accompagner la réforme et permettre notamment le travail en petits groupes

     

     

    3 - Donner aux collégiens de nouvelles compétences adaptées aux monde actuel

    Constat 3 - Aujourd’hui, le collège est inadapté à l’évolution des élèves et de la société

    • Trop de collégiens n’ont aujourd’hui pas suffisamment l’envie d’apprendre et d’aller en classe. Alors qu’ils sont 25 % selon une enquête de l’AFEV à s’ennuyer souvent voire tout le temps à l’école primaire, ils sont 71 % au collège.
    • Les collégiens sont plus passifs que les élèves d’école primaire : ils ne sont que 15 % à participer régulièrement au collège contre 39 % en moyenne en primaire.
    • Les élèves ont besoin d’apprendre les nouvelles compétences que la société requiert : apprendre à travailler en équipe, à proposer, à expérimenter, à s’exprimer à l’oral, à conduire un projet.

    3.1 Apprendre le travail en équipe et l’expression orale

    Au-delà de donner du sens aux apprentissages, les enseignements pratiques interdisciplinaires ont une seconde vertu : ils permettent aux élèves d’apprendre le travail en équipe, de proposer, de s’exprimer à l’oral, de conduire un projet. Ces compétences, qui sont indispensables pour la poursuite des études, la vie en société et l’insertion sociale et professionnelle, sont aujourd’hui insuffisamment travaillées au collège. Dans les pays où le travail en groupe a été institué à l’école, comme à Singapour, les élèves pensent le plus souvent qu’il est utile de partager les idées et apprennent plus vite en travaillant à plusieurs. Ils ont par ailleurs tendance à se sentir mieux à l’école et à avoir une plus grande confiance dans leurs enseignants. Enfin, leur capacité à coopérer, l’ouverture dont ils font preuve face à de nouvelles expériences favorisent leur insertion sociale et professionnelle.

    3.2 Maîtriser deux langues vivan tes : la LV1 enseignée dès le CP, la LV2 dès la 5e

    L'amélioration des compétences en langues vivantes étrangères des élèves français est une priorité. Elle passe par l’apprentissage de la première langue vivante dès le CP par tous les élèves à partir de la rentrée 2016 et l’apprentissage précoce d’une seconde langue vivante dès la classe de 5e.

    • L’apprentissage des langues tient une place fondamentale dans la construction de la citoyenneté, dans l’enrichissement de la personnalité et dans l’ouverture au monde. L’un des rôles de l’éducation est d’ouvrir l’esprit des élèves à la découverte de l’inconnu, de l’autre, de l’étranger, de leur faire connaître ce qui ne leur est pas spontanément familier. Apprendre une langue vivante étrangère, c’est aussi apprendre une culture.
    • L’apprentissage des langues favorise l’insertion professionnelle des jeunes en France et à l’étranger. Aujourd’hui, parler une langue étrangère est devenu indispensable pour permettre aux élèves, plus tard, de trouver leur place dans le monde professionnel. Les langues étrangères sont utiles au quotidien.
    • L’apprentissage des langues vivantes commencera plus tôt pour la première comme pour la seconde langue vivante : dès le CP pour la première langue vivante, dès la 5e pour la seconde langue vivante.

    En 2008, lors du TOEFL (Test of English as a Foreign Language), les candidats français (en fin de lycée) arrivent tout juste au niveau attendu. La France se classe au 69e rang du classement mondial (109 pays).

    3.3 - Développer les compétences numériques

    Le collège du xxie siècle doit être en phase avec les usages du numérique d’aujourd’hui, et apprendre aux collégiens, qui s’en servent par ailleurs dans leur vie de tous les jours, à les utiliser, à les maîtriser et à les comprendre.

    • Les collégiens acquièrent les valeurs, les repères et l’esprit critique d’une nouvelle culture numérique. Dans leurs activités au sein des réseaux sociaux et des espaces collaboratifs en ligne, ils comprennent les enjeux de sécurité numérique, de fiabilité des sources et de l’information, de civilité et de respect vis-à-vis d’autrui.
    • Les collégiens maîtrisent les outils numériques. Avec les équipements numériques individuels mobiles, tels que des tablettes, et les ressources en ligne qui seront mis à leur disposition dans le cadre du grand plan numérique, ils pourront :
      - accéder à des contenus et à des services numériques innovants et utiles pour leurs apprentissages (manuels scolaires interactifs, applications dédiées aux apprentissages, exerciseurs, révisions, jeux sérieux, simulations, etc.) ;
      - utiliser des outils et des contenus embarqués pour travailler au quotidien (agenda, calculatrice, dictionnaires, prise de notes, répertoires, podcasts, etc.) ;
      - recevoir des informations et des données du collège (revue de presse du CDI, orientation, événements, activités sportives, cahier de textes, livret scolaire, notes, etc.) ;
      - communiquer avec les autres élèves, les enseignants, et tous les membres de la communauté éducative (blog de correspondances, réseau social de la classe, du collège, etc.).
    • Ces outils faciliteront un apprentissage individualisé, au rythme de chacun. Les enseignants pourront créer des parcours adaptés, notamment pour répondre aux situations particulières, comme le handicap.
    • Des services d’aide à distance aux élèves en difficulté seront disponibles.
    • Les enseignants pourront évaluer et suivre les acquis des élèves durant le cours de manière plus fréquente et plus automatique, à l’écrit comme à l’oral.
    • Les collégiens développent leurs connaissances et leurs compétences en algorithmique et en informatique. Ces nouveaux savoirs sont intégrés aux programmes.
    Trois cents collèges inaugurent le plan numérique pour l’éducation à la rentrée 2015
    • Un appel à projets est lancé pour désigner les trois cents premiers collèges du plan numérique. La qualité du projet pédagogique et du partenariat construit entre l’établissement, le rectorat d’académie et la collectivité territoriale sera le critère essentiel d’évaluation des candidatures.
    • Chaque projet sélectionné sera soutenu dans l’acquisition de ressources pédagogiques et d’équipements numériques. Les équipes enseignantes recevront une formation dédiée.
    • Les équipes pédagogiques bénéficieront d’un accompagnement tout au long du projet par l’académie. Un référent numérique sera également mis en place dans l’établissement même.

     

     

    4 - Faire du collège un lieu d’épanouissement et de construction de la citoyenneté, une communauté où l'expérience individuelle et l'activité collective sont privilégiées

    4.1 - Construire l’emploi du temps autour des élèves : 1 h 30 de pause méridienne

    L’emploi du temps du collège sera désormais construit autour des élèves : une pause méridienne d’une heure et demie permettra aux externes comme aux demi-pensionnaires et internes d’avoir un vrai temps de respiration pendant la journée d’école.

    4.2 - Systématiser des moments forts dans l’établissement

    Des actions relatives à la formation du futur citoyen et à la promotion des valeurs de la République et de la laïcité sont inscrites systématiquement dans les projets d’établissement. Ces actions sont particulièrement valorisées et explicitées auprès des parents d’élèves. Les projets d’établissement détaillent par ailleurs les modalités de la participation active des élèves aux commémorations patriotiques et aux journées ou semaines spécifiques (la Semaine de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, la Semaine de l’engagement). Tous les collèges célèbrent une Journée de la laïcité le 9 décembre.

    L’organisation d’un temps annuel de rencontre et d’échange avec l’ensemble de la communauté éducative (cérémonie de remise de diplômes, valorisation des réussites des élèves, spectacle de fin d’année, etc.) est systématisée.

    4.3 - Renforcer la démocratie collégienne

    Les conseils de délégués pour la vie collégienne sont des lieux d’apprentissage de l’exercice de la démocratie. Ils seront développés dans chaque collège.

    Indissociable de la transmission d’une culture de la presse et de la liberté d’expression, l’éducation aux médias et à l’information est un enseignement intégré de manière transversale dans les différentes matières. Un média – radio, journal, blog ou plateforme collaborative en ligne – est développé dans chaque collège.

    4.4 - Mieux associer les parents

    L’implication des parents est essentielle dans la réussite scolaire de chaque élève. C’est pourquoi, les accompagner pour mieux les associer est un objectif prioritaire du système éducatif. Pour cela de nombreux dispositifs sont mis en œuvre.

    La communication avec les familles

    Un outil numérique de communication entre l’élève, les parents d’élève, l’enseignant et l’établissement, d’utilisation facile par tous, est indispensable au suivi des élèves, de leurs apprentissages et de leurs progrès.

    Un livret scolaire unique numérique va être mis en place. Il permettra d’appréhender toutes les formes d’évaluation et d’assurer un suivi des acquis scolaires sans rupture, du premier au second degré.

    Le suivi de l'absentéisme

    La prévention et la remédiation du décrochage et les sanctions des incivilités associeront plus étroitement les parents (cf. la circulaire du 24/12/14 relative à la prévention de l'absentéisme, la stratégie de lutte contre le décrochage scolaire présentée le 21/11/14 et le plan de mobilisation de l'école pour les valeurs de la République du 22/1/15.)

    La mallette des parents

    Elle permet aux équipes éducatives d’accompagner et de soutenir les parents, en leur rendant plus compréhensibles le sens et les enjeux de la scolarité de leur enfant et le fonctionnement de l’institution. Au collège elle sera étendue à l’ensemble des classes de 6e et de 3e.

    Dispositif "Ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants"

    Trois axes d’apprentissage sont développés pour les parents étrangers, primo-arrivants ou non : l’acquisition du français, la connaissance du fonctionnement et des attentes de l’école vis-à-vis des élèves et des parents, la connaissance des valeurs de la République et de leur mise en œuvre dans la société française. Le dispositif donne aux parents les moyens de mieux assurer le suivi scolaire de leurs enfants et de développer une relation de coopération avec les enseignants

    4.5 - Améliorer le climat scolaire

    Agir sur le climat scolaire permet de diminuer de façon très importante les phénomènes de violences, améliore la réussite dans les apprentissages de tous les élèves, contrecarre les inégalités scolaires.

    Le travail important pour l’amélioration du climat scolaire entrepris par la délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire, sera poursuivi autour de trois axes : mesurer, accompagner, former et étayer.

    Mesurer le climat scolaire

    Les enquêtes locales de climat scolaire à la demande des collèges seront généralisées pour développer des actions locales ciblées, au plus près des personnels et des élèves et restaurer, si besoin, le sentiment d’appartenance et de sécurité.

    Accompagner

    Les collèges qui en ont besoin bénéficient du soutien, de l’accompagnement et de l’expertise des proviseurs vie scolaire, des inspecteurs établissements et vie scolaire, et, lorsque nécessaire, des équipes mobiles de sécurité.

    Formet et étayer

    Un guide national "Agir sur le climat scolaire au collège " et un site Web national collaboratif www.reseau-canope.fr/climatscolaireinvitent les équipes des établissements, les élèves, les parents à s’engager comme acteurs du climat scolaire. Le dispositif national de formation de grande ampleur depuis deux ans, décliné dans les projets académiques et dans les plans académiques de formation qui a permis de toucher plus de 45 000 personnes, sera poursuivi.

     

    Mettre fin à la ghettoïsation des collèges

     
    Rappel

    Une allocation progressive des moyens d’enseignement pour plus d’égalité
    L’allocation des moyens d’enseignement en fonction des difficultés sociales des collèges adoptée par le ministère en décembre 2014 permet d’attribuer les moyens selon un principe fort de solidarité : donner plus à ceux qui ont moins.

    La prise en compte du travail en éducation prioritaire pour accéder aux plus hauts échelons de rémunération
    Dans le cadre des travaux conduits en 2014 sur les missions des personnels enseignants du premier et second degré, un grade à accès fonctionnel pour les enseignants a été décidé. Ce grade sera ouvert principalement aux enseignants ayant exercé au sein des établissements les plus difficiles de l’éducation prioritaire à partir de la rentrée 2016.

     

    À venir

    La création de secteurs communs à plusieurs collèges pour favoriser la mixité sociale
    Sur la base d’un diagnostic partagé, réalisé en 2015- 2016, de nouveaux secteurs de recrutement des collèges seront définis, avec les conseils départementaux, pour regrouper plusieurs établissements et favoriser ainsi une meilleure mixité sociale dans la procédure d'affectation.

     

     

    Annexe - Le calendrier prévisionnel

    Printemps 2015

    • "Le collège en 2016 : mieux apprendre pour mieux réussir "
    • Adoption du socle commun de connaissances, de compétences et de culture
    • Présentation du nouveau diplôme national du brevet
    • Remise par le Conseil supérieur des programmes des propositions de programmes de l’école élémentaire et du collège
    • Consultation sur les propositions de programmes de l’école élémentaire et du collège

    Été 2015

    Adoption des nouveaux programmes de l’école élémentaire et du collège

    Rentrée 2015

    • Entrée en vigueur du nouveau programme de l’école maternelle
    • Entrée en vigueur des programmes d’enseignement moral et civique

    Rentrée 2016

    • Entrée en vigueur de la réforme du collège
    • Entrée en vigueur du socle commun de connaissances, de compétences et de culture
    • Entrée en vigueur des nouveaux programmes de l’école élémentaire et du collège

     

     

    Annexes - Le collégien et l'enseignant demain

    Le collégien

    Le collégien aujourd'hui
    • Son emploi du temps est identique, quels que soient ses besoins et quels que soient ses résultats, à celui de tous ses camarades, tant au niveau du rythme que de la répartition des contenus.
    • Il subit une rupture par rapport aux modalités d’apprentissage de l’école et doit rapidement, en manquant parfois de soutien, s’adapter à l’entrée en 6e. Or il ne se voit proposer que deux heures d’aide et d’accompagnement au travail personnel, en classe entière, dédiées à la fois à la remédiation, à l’approfondissement, au tutorat et à l’aide au travail personnel.
    • Les enseignements qui lui sont proposés sont organisés de manière "traditionnelle " et avant tout conçus pour les "bons élèves " :
      - ses apprentissages sont organisés selon une logique presque exclusivement disciplinaire ;
      - les contenus qui lui sont transmis sont plutôt abstraits et sollicitent trop peu son appétit d’apprendre.
    • Il attend la 4e pour apprendre une deuxième langue vivante.
    • Le collège ne suscite pas pour tous les collégiens l’envie d’apprendre et d’aller en classe.
    Le collégien demain
    • En 6e, le collégien est accompagné selon des modalités adaptées à ses besoins : apprentissage de méthodes, approfondissement, renforcement, entraînement, remise à niveau, etc.
    • 3 heures d’accompagnement personnalisé permettent à l’élève de 6e de devenir un collégien : il se voit proposer une démarche d’apprentissage appropriée pour soutenir sa capacité d’apprendre et de progresser, et améliorer ses performances.
    • En 5e, 4e et 3e, le collégien acquiert de nouvelles compétences (travail en équipe, expression orale, démarche active dans les apprentissages, etc.) dans le cadre des enseignements pratiques interdisciplinaires, qui le font accéder à :
      - une approche concrète des savoirs ;
      - des réalisations concrètes, individuelles ou collectives ;
      - de nouvelles situations d’apprentissage ;
    • Ces heures d’enseignements sont prises en charge par les enseignants de toutes les disciplines.
    • Le collégien acquiert les valeurs, les repères et l’esprit critique d’une nouvelle culture numérique.
    • Le collégien maîtrise les outils numériques.
    • Le collégien développe ses connaissances et ses compétences en algorithmique et en informatique.
    • Le collégien apprend deux langues vivantes dès la classe de 5e. L’apprentissage des langues vivantes se commence désormais plus tôt pour la première comme pour la seconde langue vivante : dès le CP pour la première langue, dès la 5e pour la seconde langue vivante.

    L'enseignant

    L'enseignant aujourd'hui
    • Peu d’échanges collectifs sur les pratiques d’enseignement.
    • Une pratique du métier le plus souvent solitaire avec des temps d’intervention purement disciplinaires.
    L'enseignant demain
    • Un collectif de travail renforcé à travers la mise en place des enseignements pratiques interdisciplinaires et des temps d’accompagnement personnalisé, élaborés de manière collective par les équipes pédagogiques.
    • Des enseignants intervenant seuls ou en co-intervention dans le cadre des enseignements pratiques interdisciplinaires.

     

    Collège : mieux apprendre pour mieux réussir
    Le collège en 2016 : faire réussir tous les élèves

    • Renforcer l’acquisition des savoirs fondamentaux en combinant des apprentissages théoriques et pratiques
    • Tenir compte des spécificités de chaque élève pour permettre la réussite de tous
    • Donner aux collégiens de nouvelles compétences adaptées aux monde actuel
    • Faire du collège un lieu d’épanouissement et de construction de la citoyenneté, une communauté où l'expérience individuelle et l'activité collective sont privilégiées

    Télécharger le dossier "Collège : mieux apprendre pour mieux réussir"

     

     

    L'enseignant aujourd'hui :

    • Peu d’échanges collectifs sur les pratiques d’enseignement.

    • Une pratique du métier le plus souvent solitaire avec des temps d’intervention purement

    disciplinaires.

     

    l'enseignant demain :

    • Un collectif de travail renforcé à travers la mise en place des enseignements pratiques

    interdisciplinaires et des temps d’accompagnement personnalisé, élaborés de manière

    collective par les équipes pédagogiques .

    • Des enseignants intervenant seuls ou en co-intervention dans le cadre des enseignements

    pratiques interdisciplinaires.

     

    Raoul Volfoni ajoute :

    L'enseignant après-demain :

    • En a marre de bosser toujours plus, pour des clopinettes, sur des trucs de plus en plus cons ;

    • Se barre voir ailleurs si l'herbe est plus verte.

    http://www.neoprofs.org/t87561p140-la-reforme-du-college-annonces-officielles-le-mercredi-11-mars-2015#2967385

     

     

    Thalie a écrit:
    Gryphe a écrit:Oui, pour mieux accompagner la continuité école-collège, on construit un système sur le modèle de la réforme du lycée.
    En fait, je suis fan. Laughing
    Ce matin, un auditeur d'Europe 1 lui a fait remarquer cela. Elle a nié en sortant cet argument quand même dingue : "non, pas du tout c'est pas pareil que le lycée de Sarkosy car là cela sera obligatoire, il y aura un cadre imposé." Shocked
    Au lycée, AP : obligatoire
    Enseignements exploratoires : obligatoires

     

    source : http://www.neoprofs.org/t87561p140-la-reforme-du-college-annonces-officielles-le-mercredi-11-mars-2015#2967410

     

    Ruthven : Pour avoir vu les conséquences de la réforme du lycée, c'est désastreux : les très bons élèves passent entre les gouttes, les autres entre les EE, les AP et les TPE, prennent l'habitude de venir au lycée pour être occupés et pensent que le travail intellectuel consiste à classer de l'information ; il n'y a plus d'autonomie intellectuelle (et bizarrement, c'est avec des classes composées de gros fumistes ascolaires avec quelques bons élèves que je peux encore faire de la philosophie ; les classes "moyennes" sont totalement larguées).

    Je viens de jeter un coup d’œil sur les TPE des 1L, qui sont pourtant plutôt motivés ; c'est atterrant, la forme prend le dessus sur le fond.

    Un TPE est un joli projet décoratif où au choix on fait un joli cahier relié à la main, un blog avec des photos ou un journal mais un contenu à partir d'oeuvres de seconde main ou au pire de Wikipedia. Il faut que cela fasse joli ...

    http://www.neoprofs.org/t87561p160-la-reforme-du-college-annonces-officielles-le-mercredi-11-mars-2015

     

    henriette a écrit : Ce que tu proposes, Elyas, serait très intéressant s'il reste à côté de ça un véritable enseignement des langues anciennes.
    Il ne s'agit plus, sinon, que de "culture de l'antiquité", l'élément "langue" a disparu.
    Ingeborg B. : Je trouve le projet d'Elyas intéressant mais, si j'en juge par les effets de la réforme du lycée... Cela va se passer de la manière suivante
    1) Madame A n'a pas assez d'heures, donnons lui des EPI.
    2)Ah, il manque des heures à Madame X, prof d'espagnol, jouons sur les horaires souples et pour cette classe, rajoutons une demi-heure d'espagnol
    Comme cela, dans mon lycée, la prof de Russe a AP avec des classes de seconde qu'elle ne connaît pas pour éviter la suppression de son poste. On se retrouve en TPE avec des collègues qu'on n'a pas choisis.
    Enfin, c'est cool, ce schmilblick va permettre de résoudre la pénurie de profs dans certaines matières et le trop-plein dans d'autres...
    Et puis, attention, l'accompagnement personnalisé ne signifie pas individualisé, contrairement à ce que vont penser les parents.
    De toute façon, ces réformes sont motivées par des objectifs comptables.
     
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par V.Marchais le Mer 11 Mar 2015 - 17:46

     
    Elyas a écrit:Un problème avec les EPI va être les propositions faites dans les équipes. Si un type comme moi arrive avec des propositions de travail histoire-lettres sur Huon de Bordeaux et autres textes arabes et francs médiévaux, ça ne va pas être pareil qu'un projet slam hip-hop avec pour but des vidéos et un spectacle. J'assume honnêtement cette comparaison, le second étant pour moi ce qu'on peut faire dans un club et non dans un cours. De même, si un duo Musique / Anglais se crée sur la culture élisabéthaine avec du Shakespeare, des poètes anglais de ce siècle et de la musique de l'époque, ce serait énorme.

    Maintenant, comme le dit Ingeborg, le danger est que les EPI ne servent qu'à sauver des postes.

    Ensuite, leur mode de fonctionnement, leur intégration et beaucoup d'autres choses ne sont pas là.

    Et je ne parle pas des combats d'équipe sur les projets dignes (avec des qualifications d'élitistes contre certaines propositions).

    Et on les trouve où, les collègues qui ont envie de faire ce genre de projets ? Parce que moi, j'ai une collègue d'HG topissime, qui doit bosser un peu comme toi, je pense. Mais à part elle, je vois des tas de collègues qui trouvent génial et tellement ouvert sur le monde et si subtilement proche des élèves de faire des ateliers slam-dance-vidéo ! Et quand je dis que je veux utiliser les groupes pour faire écrire, écrire et écrire encore, je me fais traiter de bourgeoise réac (coucou Daphné !). Nous sommes à l'ère du relativisme total : Booba vaut Shakespeare, Gudule La Fontaine, et Mickaël Ollivier et ses nouvelles écolos envoient Hugo se rhabiller, le streetart, c'est mieux que Cézane ou Le Tintoret. Il y a les trucs vieux et les trucs djeunes. Les trucs morts (genre le latin) et les trucs vivants (le SMS). Tu crois vraiment qu'on va réussir à imposer Huon de Bordeaux et Le Songe d'une Nuit d'Été ?
     
    La haine de la discipline

    La Ministre de  l’Education Nationale, Najet Vallaud Belkacem, vient de rendre public son projet pour le collège. On y retrouve le grand principe à l’œuvre dans l’école depuis des décennies : la haine des disciplines.

    Le dossier de presse communiqué sur le sujet est très clair : les disciplines, c’est le Mal, le passé, l’archaïsme, la rigidité, et l’interdisciplinarité, c’est le Bien, l’avenir, le progrès, la flexibilité .  

    Pourtant, c’est une belle chose que les disciplines.

    La discipline, c’est (du latin disciplina) à la fois l’action d’instruire, la méthode et la matière de cet enseignement, tant l’une et l’autre sont indissociables. La discipline, parce qu’elle se donne du temps et en exige, œuvrant patiemment, selon une progression essentielle, dote de connaissances et de méthodes, elle éveille l’esprit et le structure. Elle le dote de règles dont le champ s’étend bien au-delà de celui d’une simple matière scolaire : elle a aussi, comme son sens l’indique, une dimension morale. Les disciplines, une par une et concurremment, développent la Raison, le logos, ce qui fait que l’Homme est Homme. En s’y astreignant et en astreignant son corps et son esprit à la concentration qu’elles exigent, l’élève accède progressivement à une autonomie au sens plein du terme, c’est-à-dire qu’il a fait siennes un grand nombre de règles (auto-nomie : les règles venant de soi, parce qu’on les a intégrées, et qu’on n’a plus besoin d’un tiers pour nous y soumettre), y compris la nécessité de la maîtrise de soi, de l’effort, de la concentration.

    Notre ministre affirme vouloir développer l’autonomie des élèves et promouvoir les valeurs de la République, via un Enseignement Moral et Civique et les thèmes organisant les modules interdisciplinaires. Elle oublie un peu vite que ni l’autonomie ni les valeurs, fussent-elles fondamentales, ne se décrètent ex nihilo. On ne les acquiert pas parce qu’on les inscrit à un Socle de Compétences. On ne les acquiert pas parce qu’on en fait le thème de modules interdisciplinaires. On les acquiert par une lente et patiente fréquentation des auteurs qui, au fil des siècles, ont porté et promu ces valeurs – Rabelais, Racine, Corneille, Voltaire, Hugo ; on les acquiert par le développement d’une langue juste et précise, nourrie de grammaire, qui permet de comprendre ces auteurs et d’approfondir toujours davantage le sens de leurs œuvres – au lieu de réduire celles-ci à des illustrations de thèmes transversaux ; on les acquiert parce que, plutôt que les niaiseries pleines de bons sentiments d’une Gudule et de ses Contrefables, apparues dans les manuels sous couvert de modernité, on étudie la vigueur d’un La Fontaine et ce que signifie exactement d’écrire, sous la monarchie absolue, « La raison du plus fort est toujours la meilleure », et qu’on met tout cela en question sans jamais perdre de vue le contexte historique ; on les acquiert parce que texte après texte, sans qu’on ait besoin de réclamer leur adhésion a priori à des principes qui les dépassent, les élèves vont comprendre comment ces principes se sont construits, et pourquoi ils sont un jour apparus comme essentiels ; on les acquiert parce qu’on développe sa capacité à raisonner, manier des concepts, analyser, démontrer, en sciences, en grammaire…  

    Mais ce travail est lent. Il relève d’un rythme étranger au rythme électoral, aux préoccupations démagogiques (faire croire qu’on va garantir à tous les enfants un diplôme, mais sans contraintes, sans efforts, même si, en sortant de Primaire, ils ne comprennent rien à un texte simple). Il suppose que l’on enseigne vraiment la lecture et le vocabulaire aux élèves de Primaire, au lieu de noyer le Français dans un grand domaine intitulé « les langages », et mêlant à peu près toutes les matières, afin d’être sûr de pouvoir diplômer des illettrés. Il est assurément plus commode, plus rentable à court terme, à la fois économiquement et politiquement, de continuer à vilipender les disciplines et à les pourchasser, et de parer l’interdisciplinarité de toutes les vertus.

    On nous a déjà fait le coup en 2000 avec la création des Itinéraires De Découverte : puisque les élèves avaient du mal en Français et en Maths, on a diminué les horaires de Français et de Maths (sic) pour créer ces modules interdisciplinaires censés faire « travailler autrement » (le grand mantra depuis au moins trente ans).  Quinze ans après la création de ces « IDD », le niveau des élèves en Maths et en français, bizarrement, s’est encore effondré. On pourrait en tirer une conclusion simple : Quand on diminue les horaires de Maths ou de Français, les élèves sont moins bons en Maths et en Français. Mais non, on reconduit exactement la même réforme qui a déjà donné de si bons résultats : des modules interdisciplinaires à la carte encore une fois, censés être l’équivalents d’heures de Maths, de Français, d’Histoire… Comme si faire rédiger quelques phrases pour illustrer un diaporama, des cartels d'exposition, de rapides explications sur le fonctionnement des volcans ou l'accueil des handicapés mettait en jeu les mêmes exigences qu'apprendre patiemment et méthodiquement à étoffer et complexifier ses phrases, enrichir son récit, ménager des effets stylistiques, nuancer son lexique. Oh ! on fera peut-être corriger un "s" oublié ici ou là, mais ce n'est pas durant ces heures interdisciplinaires que les élèves apprendront les règles d'orthographe, ni les concepts grammaticaux indispensables à leur intégration, ni les lois mathématiques ou le raisonnement propre à cette discipline. Les projets interdisciplinaires sont le lieu où, au mieux, on permet aux élèves de mobiliser ce qu'ils maîtrisent déjà, mais en aucun cas le lieu d'un apprentissage méthodique de quoi que ce soit. Au pire, ils brassent du vent. Leur financement sur les horaires disciplinaires se fait donc au détriment du contenu enseigné. En d’autres termes, ce "enseigner autrement" est un leurre.

    Disons-le en peu de mots : un contenu disciplinaire solide s’acquiert en travaillant la discipline en question. Il peut dans un second temps être réinvesti ailleurs, mais ce réinvestissement ne sera jamais le temps d’apprentissage proprement dit. S’attaquer sans cesse aux disciplines, comme on le fait depuis 30 ans, c’est s’attaquer aux fondements même de l’école. Cette réforme ne fait que vider un peu plus l’école publique de son contenu, que l’éloigner toujours davantage de la vision humaniste de ses créateurs, qui ambitionnaient de former des citoyens libres et éclairés. En fait d’égalité, elle va creuser encore et encore le fossé entre le public et le privé, entre les familles qui trouveront toujours le moyen de transmettre à leurs enfants une culture solide et les autres. Bref, elle obtiendra tout le contraire de ce à quoi elle prétend.

    Le long terme dira le coût de ces réformes aberrantes qui se suivent et se ressemblent malgré leur échec. Et pour le PS, l’addition pourrait arriver dès 2017.
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par V.Marchais le Mer 11 Mar 2015 - 18:21

     
    Elyas a écrit:En revanche, ce qui m'inquiète vraiment, c'est les petites phrases du projet créant implicitement une hiérarchie intermédiaire de police pédagogique dans les établissements. La liberté pédagogique se résumera à suivre la majorité ou à périr. Cela va être sport, chez moi.

    Moi aussi, ça me fait peur.
    Je sens qu'il va à nouveau falloir se battre au quotidien rien que pour pouvoir enseigner sa discipline, comme quand je devais batailler pour faire de vraies leçons de grammaire, avant 2009, et ça me fatigue d'avance.
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Morgared le Mer 11 Mar 2015 - 18:51

     
    Le coeur du problème, selon moi, ce sont les missions assignées à l'école.
    Depuis déjà pas mal d'années, notre hiérarchie (MEN, IPR, administration) et les politiques ont décrété que l'école avait pour objectif non plus de transmettre des connaissances auxquelles l'homme, naturellement, peut aspirer pour s'élever, mais de former à la citoyenneté, et notamment au "vivre-ensemble". Dans leur esprit, les savoirs sont en soi inutiles, et peu sont indispensables pour "travailler" en équipe sur un projet et avoir l'esprit d'initiative, pas même maîtriser sa langue correctement. Il y a quand même un anti-intellectualisme fondamental chez nos politiques et "experts" actuels, qui régit désormais entièrement notre système éducatif.
    En ce qui concerne les collégiens, nos médias, dans leurs publi-reportages (Le Monde a quant à lui choisi le collège Pasteur de Mantes-La-Jolie), ne se réjouissent que si les journées sont simplement occupées d'animations variées et plaisantes qui ne nécessitent ni capacités intellectuelles, ni travail, et ne sauraient donc être source de discriminations.
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Gryphe le Mer 11 Mar 2015 - 18:52

     
    kensington a écrit:Je ne sais plus si cela été signalé dans les messages précédents: les EPI seront évalués pour le brevet.
    V.Marchais a écrit:Je pense qu'on va étendre le modèle de l'HIDA et transformer le Brevet en espèce de TPE interdisciplinaire à présenter à l'oral, comme l'HIDA, un truc comme ça, non ?

    C'est cohérent avec les annonces décrites dans ce topic :
    http://www.neoprofs.org/t86736-reforme-du-brevet-des-colleges-les-preconisations-du-csp-et-de-la-conference-nationale-sur-l-evaluation-des-eleves#2931647
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Iphigénie le Mer 11 Mar 2015 - 20:43

     
    Le plus atterrant c'est qu'ils n'en ont rien à foutre du bilan désastreux de la réforme du lycée qui d'ailleurs commence sur le terrain à être court-circuitée en partie par les CDE eux-mêmes ( les TPE sont notre fleuron, certes, encore... humhum  mais réaffectation des heures dites d'AP aux disciplines et aux professeurs concernés après l'informe et infâme gloubi-bulga des premières années où n'importe qui faisait n'importe quoi à n'importe quels élèves...// réorganisation locale des enseignements d'exploration, refus de nombreux lycées de mettre en place concurrentielle avec les options  l'informe "exploration des langues et des cultures de l'antiquité"..Wink: rien à foutre.
    Ça ne marche pas au lycée? mettons la même chose dans les collèges.
     
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Ronin le Mer 11 Mar 2015 - 20:49

     
    Juste le temps de mettre en place des Moucs-numériques trucs. Une grande salle, 50 gamins, un cours en ligne et hop, le budget de l'EN divisé par 4 en deux temps-trois mouvements. ET plus de problème de recrutement. Je vais postuler pour être chef de l'UNSA moi..

    Et blablatons:
    l'élève au centre, la citoyenneté, le vivre-ensemble, Pisa, l'inversion de la courbe,...: Napoléon mon cul, dirait Zazie dans le métro.
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Peinard le Mer 11 Mar 2015 - 21:23

     
    1°) NVB lance ce projet de réforme avant les départementales;
    2°) Le PS se prend la claque annoncée depuis longtemps à ces élections;
    3°) Remaniement gouvernemental avec NVB qui change de ministère;
    4°) Le prochain ministre de l'EN est vraiment désolé mais il ne fait qu'appliquer le projet de NVB...
    petitdrapeau
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Igniatius le Mer 11 Mar 2015 - 21:58

     
    Will.T a écrit:Extrait :
    Des enseignements interdisciplinaires

    Le ministère veut encourager une pratique déjà existante : faire des ponts entre les disciplines, «décloisonner» et tenter de nouvelles méthodes, comme la classe à plusieurs profs (lire ci-contre). Les enseignants ne se saisiraient pas suffisamment de la liberté pédagogique, assure le ministère, qui veut par conséquent leur imposer un «cadre». A la rentrée 2016, ces nouvelles façons d’enseigner devront représenter au moins 20% du temps scolaire au lieu de 7% aujourd’hui, selon le ministère. Christian Chevalier, de l’Unsa, applaudit des deux mains : «C’est un message politique fort. La ministre dit : "Enseignants, allez-y, lâchez-vous."»
    http://www.liberation.fr/societe/2015/03/10/un-college-unique-plus-retouche-que-reforme_1218246

    Et les mecs ils continueront de dire, après le constat d'échec de cette n-ième réforme, qu'ils ne sont pas écoutés au ministère, qu'ils n'y sont pour rien, qu'il faut réformer encore plus etc.

    Tartuffe.
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Ruthven le Mer 11 Mar 2015 - 21:55

     
    balthamos a écrit:Je me demande si cette réforme va se ressentir pour les mouvements et si les enseignants vont fuir les collèges au profit des lycée.

    Mais le lycée, ce n'est pas la joie ; les conditions sont particulièrement pourries, en particulier, pour les enseignants de langue ... L'occupationnel gagne du terrain sur tous les fronts. La réforme du lycée est passée avant celle du collège.
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par ycombe le Mer 11 Mar 2015 - 23:39

     
    micaschiste a écrit:D'ailleurs, on n'a pas encore vu de beaux tableaux des répartitions horaires du bouzin.
    Oui, on peut admirer la stratégie de communication du ministère:

    - on annonce les grandes lignes de la réforme, mais de façon floue de manière à ce que personne ne puisse hurler que c'est un scandale, les heures de français maths etc vont encore diminuer. Ceux qui gueulent contre l'évidente diminution des horaires disciplinaires et donc des programmes ne peuvent rien dire de concret.
    - dans un mois, le flamby sera retombé dans les média, on annoncera les matières désignées pour fournir leurs horaires à ces EPI. Ça va gueuler, le ministère répondra que les horaires sont maintenus mais qu'une partie sera faite en enseignant autrement, mais les medias seront passés à autre chose et ne diffuseront que mollement les protestations. Les programmes ne seront de toutes façons toujours pas connus.
    - Dans un certain nombre de semaines (quand ?), publication des programmes. On aura alors le détail de la catastrophe annoncée. Trop tard pour mobiliser le public, pour qui la réforme aura déjà été actée.
     
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par musa le Jeu 12 Mar 2015, 4:41 am

     
    [quote="Igniatius"]
    Will.T a écrit:Extrait :
    Des enseignements interdisciplinaires

    Le ministère veut encourager une pratique déjà existante : faire des ponts entre les disciplines, «décloisonner» et tenter de nouvelles méthodes, comme la classe à plusieurs profs (lire ci-contre). Les enseignants ne se saisiraient pas suffisamment de la liberté pédagogique, assure le ministère, qui veut par conséquent leur imposer un «cadre». A la rentrée 2016, ces nouvelles façons d’enseigner devront représenter au moins 20% du temps scolaire au lieu de 7% aujourd’hui, selon le ministère. Christian Chevalier, de l’Unsa, applaudit des deux mains : «C’est un message politique fort. La ministre dit : "Enseignants, allez-y, lâchez-vous."»
    http://www.liberation.fr/societe/2015/03/10/un-college-unique-plus-retouche-que-reforme_1218246

    C'est quand même assez savoureux comme conception de la liberté: les enseignants ne se sont pas emparés de leur merveilleuse liberté pédagogique de faire des projets, on va donc leur imposer un cadre ... et ils vont pouvoir "se lâcher" (mais attention, dans le cadre Rolling Eyes )
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par ycombe Hier à 0:51

     
    Albert Jarl a écrit:
    Roumégueur Ier a écrit:
    «Nous sommes pour le moment soulagés par ce que propose le ministère car ces thématiques vont être cadrées et auront un lien avec les programmes scolaires», souligne le Snalc.

    Le SNALC soulagé ?  Suspect  Tout fout le camp ma bonne dame. Et demain quoi, un préavis de grève du SGEN ?
    Le SNALC a loupé le piège tendu par Peillon dans la réécriture des décrets de 1950. Le ministère peut maintenant prévoir de jolis machins interdisciplinaires sans mettre un centime dans la concertation des enseignants qui s'y ajoute obligatoirement, c'est dans les nouveaux décrets que ça fait partie de leur boulot. Il est en train de râter aussi l'explosion des contenus disciplinaires qui va suivre: les horaires et les programmes ne seront publiés que plus tard. Médiatiquement, c'est maintenant qu'il fait gueuler, et là c'est un peu raté.
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Roumégueur Ier Hier à 1:34

     
    mblonde a écrit:J'ai une question très bête. Si j'ai bien compris les heures des Idd ont été mises en place sur les horaires disciplinaires. Quand les idd ont "disparu", que sont devenues les heures qui y était consacré ? Le nombre d'heure de cours a baissé ? Elles ont été redéployée ailleurs?

    Tour de magie : avant les Idd 5h de français; puis 4h + 1h d'Idd, après les Idd 4h de français. Constat valable aussi dans d'autres matières.
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Jacq Hier à 2:31

     
    Roumégueur Ier a écrit:
    mblonde a écrit:J'ai une question très bête. Si j'ai bien compris les heures des Idd ont été mises en place sur les horaires disciplinaires. Quand les idd ont "disparu", que sont devenues les heures qui y était consacré ? Le nombre d'heure de cours a baissé ? Elles ont été redéployée ailleurs?

    Tour de magie : avant les Idd 5h de français;  puis 4h + 1h d'Idd, après les Idd 4h de français.  Constat valable aussi dans d'autres matières.  


    Grand classique.
    Ne vous inquiétez pas, on a déjà tout testé sur nous les LP, les heures disparaissent. Exemple : nous avions des heures de Lettres histoire, on a pris sur ces heures pour dégager de l'ECJS (même volume horaire hebdo et annuel / LHhistoire = LHistoire+ECJS), puis on a supprimé les heures d'ECJS pour les remplacer par des heures non attribuées d'EC (Education civique) sur l'enseignement global de Lettres histoir. Donc à la fin nous avons perdu les heures d'ECJS, mais par le miracle de la réforme, nous avons le volume complémentaire, comme au collège maintenant ,mais sous un autre nom. L'essentiel, devant les asso de parents, était, chez nous en LP, de vaguement maintenir les horaires officiels (dans la réalité, non, par exemple suppression des déboublements automatiques selon le nombre d'élève) et de mettre en avant le volume complémentaire (autonomie de l'établissement), et puis ensuite on peut réduire les heures sans que cela se voit.... Bonne chance les amis du collège, tout cela est déjà arrivé au LP....
     

    Les projets interdisciplinaires pour apprendre à rédiger ? (V. Marchais et alii)

    Les projets interdisciplinaires pour apprendre à rédiger ? (V. Marchais et alii)

    Les projets interdisciplinaires pour apprendre à rédiger ? (V. Marchais et alii)

    Les projets interdisciplinaires pour apprendre à rédiger ? (V. Marchais et alii)

     

     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Iphigénie Hier à 10:14

     
    Je peux me tromper et même je l'espère, mais à vue d'expérience le ministère travaille sur de très longs cycles: or depuis 2000 les innovations innovantes vont toujours vers le transdisciplinaire: pour moi j'y vois une anticipation sur les difficultés de recrutement du corps enseignants: les spécialistes se tournent et se tourneront de plus en plus vers d'autres carrières que l'enseignement.
    La mort des disciplines, c'est, à mon sens, l'anticipation et la reconnaissance de la dévalorisation de la fonction enseignante.
    Pour rester dans le disciplinaire, en particulier dans les sciences il faudrait une très sérieuse attractivité financière que l'on n'est absolument pas près de voir. Donc il faut anticiper en exigeant beaucoup moins.
    Allez! un bon BAFA puisqu'on ne peut plus attirer un bon agrégé. Neutral
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Iphigénie Hier à 10:29

     
    Croustibapt a écrit:
    Albert Jarl a écrit:Le problème c'est que la massification du système éducatif a nécessité une massification du corps enseignant (Cf. Capes). Or ces derniers se sont pris pour des intellectuels alors qu'ils n'étaient tout au plus que des moniteurs de colonies de vacances bien payés.

    Bah oui, les certifiés, ce ne sont que des Gentils Organisateurs du Club Med qui se sont crus capables d'enseigner. Lolilol.
    Sympa le respect entre collègues, surtout en ces temps difficiles. humhum
    Je ne crois pas que ce soit ce qu'il a voulu dire: enfin il verra lui-même!
    Mais je pense en effet qu'il y a un lien entre les problèmes de recrutement et la réforme.
    Ce n'est pas désobligeant pour les collègues individuellement, c'est une tendance du système. Il y a actuellement encore bien sûr des gens très bien formés mais on connaît tous aussi des recrutés "chanceux": le système est en train de basculer, le ministère anticipe.
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Ergo Hier à 10:51

     
    Gryphe a écrit:Moi, j'aimerais savoir si on peut faire un EPI théâtre en anglais en même temps qu'un AP soutien en anglais. acf
    (J'suis déjà dans mes EDT 2016, en fait.)
    Sûrement. On fait bien de l'Acc ed "anglais renforcé". Ce ne sont pas les mêmes enveloppes, mais puisqu'on peut intégrer ça dans les DHG, pourquoi se priver ?

    Petit rappel sur l'interdisciplinarité:
    Education Nationale, une destruction en trois actes a écrit:On prône l'interdisciplinarité, censée remédier à l'échec scolaire. En réalité TPE au lycée et IDD au collège, empiètent sur l'horaire des disciplines fondamentales et contribuent à les disqualifier. Ces dispositifs préparent également le terrain à la polyvalence des professeurs.
    http://www.sauv.net/tractdecent.php

    (Oui, je l'ai déjà cité l'autre jour, mais on ne s'en lasse pas... Neutral)
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Armide Hier à 11:37

     
    Iphigénie a écrit:
    Pour rester dans le disciplinaire, en particulier dans les sciences il faudrait une très sérieuse attractivité financière que l'on n'est absolument pas près de voir. Donc il faut anticiper en exigeant beaucoup moins.Neutral

    Le problème, c'est que dans les faits, cette réforme va exiger des enseignants beaucoup plus de  présence dans les établissements ( je vois bien  se profiler le 1h de cours payée 1/2 heure pour les EPI, comme c'était le cas pour les IDD) et infiniment plus de travail de préparation. Tout d'abord parce qu'ils auront en charge plus de classes et plus d'élèves, mais aussi parce que ces fameux EPI pour ne pas être une sombre mascarade vont devoir être préparés individuellement et en concertation. Ce travail de préparation sera donc encore alourdi par cette nécessité de travailler en équipe qui freinera son anticipation. Les EPI alourdiront considérablement - dans l'hypothèse qu'ils soient ambitieux et bien faits- la charge de travail hebdomadaire et non pas celle des vacances. Je reprends l'idée d'Huon de Bordeaux proposé par Elyas. Outre le fait que face à un EPI Slam/cabane dans le jardin/pousses de radis, il ne sera pas "vendeur" auprès des élèves ( et bien sûr les parents n'auront pas leur mot à dire dans le choix de l'EPI pris par leur charmant bambin), il représente un boulot titanesque. Chercher les textes, les traduire, en faire une sélection pertinente, mettre en place leur utilisation pédagogique ( renoncer avec quelques larmes à les faire traduire même en partie aux élèves qui n'en seront définitivement plus capables), faire les séances, corriger les travaux d'écriture des élèves... Le tout pour un résultat plus stimulant intellectuellement pour le professeur que formateur pour les élèves. C'est décourageant.
    Sans nous augmenter, on en exigera infiniment plus de nous. Je me demande si cette année n'est pas la dernière chance que les certifiés ont de passer l’agrégation pour essayer d'échapper à cet avenir de soutier.

    Et pour cela, on aura sacrifié l'apprentissage réel du latin...
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par V.Marchais Hier à 12:00

     
    C'est aussi ce que je me suis dit, Armide.
    Si on doit vraiment se cogner un machin interdisciplinaire par classe, ce sera un tel turbin qu'il deviendra bien difficile de trouver du temps pour préparer correctement les cours de sa discipline, la vraie. La merdouille risque d'absorber toute notre énergie en pure perte, à courir après les collègues, essayer de se mettre d'accord, remplir des paperasses, des évaluations de projets, rendre compte à l'administration de la constitution des groupes, se réunir pour préparer celle-ci... cafe
     
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Sylvain de Saint-Sylvain Hier à 12:04

     
    Ils ont suffisamment réduit nos salaires pour nous empêcher de nous mettre en grève. Mais la carcasse remue encore, enflée d'un souffle vague : épuisons-la.
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Clarianz Hier à 12:09

     
    Ergo a écrit:
    Gryphe a écrit:Moi, j'aimerais savoir si on peut faire un EPI théâtre en anglais en même temps qu'un AP soutien en anglais. acf
    (J'suis déjà dans mes EDT 2016, en fait.)
    Sûrement. On fait bien de l'Acc ed "anglais renforcé". Ce ne sont pas les mêmes enveloppes, mais puisqu'on peut intégrer ça dans les DHG, pourquoi se priver ?

    Petit rappel sur l'interdisciplinarité:
    Education Nationale, une destruction en trois actes a écrit:On prône l'interdisciplinarité, censée remédier à l'échec scolaire. En réalité TPE au lycée et IDD au collège, empiètent sur l'horaire des disciplines fondamentales et contribuent à les disqualifier. Ces dispositifs préparent également le terrain à la polyvalence des professeurs.
    http://www.sauv.net/tractdecent.php

    (Oui, je l'ai déjà cité l'autre jour, mais on ne s'en lasse pas... Neutral)

    j'en rajoute une couche; quand le MEN aura constaté que l'on peut à nouveau être seul devant les classes pour le bouzin EPI, eh bien, on restera seul, et on sera payé toujours 30min pour une heure et on se cognera deux (ou trois, soyons optimistes) disciplines pour un salaire de misère.
    Il faudra donc recruter à moindre qualification, et hop! Les lycéens d'aujourd'hui, seront prof avec leur Licence CacaBoudinDeL'EduKation!

    Et voilà comment dans 5 ans, il n'y aura plus RIEN. pale
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par ycombe Hier à 15:35

     
    Celeborn a écrit:Alors on est soulagé car la première version qu'on avait eue dans les tuyaux prévoyait des réductions chiffrées des horaires de certaines disciplines clairement identifiées. Là, de ce que nous dit le ministère, on ne diminue pas les horaires disciplinaires.
    Tout le monde sait que c'est impossible. Les élèves doivent avoir 1h d'AP supplémentaire dans chaque niveau et de 1h à 3h d'EPI par semaine de la 5e à la 3e (d'après le Figaro). Sur un collège (petit) de 20 classes, ça représente de 20 à 35h 50h (edit: ne dites à personne que je suis prof de maths, je ne sais pas compter) de DHG en plus. La ministre ne crée que 4000 ETP pour les 7000 collèges de France, ça ne peut pas rentrer.

    Soit on prend sur les horaires disciplinaires, soit on impose 1 HSA en plus à chaque prof, soit on décide que l'AP doit être faite gratos par les profs en vertu du décret remplaçant celui de 1950. Mais à l'identique, ça ne rentre pas.

    Après, qu'on soit bien d'accord, si c'est pour faire de l'interdisciplinarité version pâte à crêpes et pâte à sel, on va très vite passer du soulagement (léger) au courroux (coucou).

    Une fois encore, si vous voulez lire notre avis détaillé sur le sujet, non tronqué, sans médiation quelconque (et en fonction une fois encore du flou artistique actuel, c'est pas facile pour le moment d'être sûr de quoi que ce soit sur même le mode d'organisation du truc), c'est là : LIEN.
    L'absence déjà annoncée de temps de concertation pour les enseignants EPIstes mériterait déjà une bonne gueulante.
     

    Re: La réforme du collège : annonces officielles le mercredi 11 mars 2015

    Message par Roumégueur Ier Hier à 16:40

     
    Et ils ne proposent même pas que l'on puisse être deux professeurs d'une même matière sur le même créneau! C'est sûr, ce ne serait pas exactement de l'interdisciplinarité, mais qu'est-ce que j'apprécierais de temps en temps que l'on puisse être deux spécialistes d'une même matière pour s'épauler, faire un suivi un tout petit peu plus individuel (encore que l'on ne fait pas mieux dans ce cas que le face-à-face), proposer EN PLUS de nos horaires disciplinaires autre chose (en Finlande c'est déjà parfois le cas). Non, il faudra faire comme dans les collèges Potemkine qu'ils nous ont montré : expliquer des maths alors qu'on enseigne le français, répondre à des questions d'histoire alors que l'on fait LV... bof.
    Ce projet transpire la haine de la discipline, reprend l'antienne de la FCPE : 'casser le modèle un prof, une heure, une classe' et nous ravale au rang d'allumés obsédés par leur matière.
    Je regarde même les propositions d'AP d'un mauvais œil : sur le papier on se dit chouette on va pouvoir travailler en tout petit effectif, sur des groupes choisis par nous avec l'objectif que l'on voudra, mais regardons ce qu'est devenue l'AP qui se pratique déjà en collège, ce n'est pas du tout ça!

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  • Élève en train de réfléchir à ce qu'elle va bien pouvoir raconter ensuite.


    Aimeriez-vous une histoire où le personnage principal en aide un autre, mais le tue l'instant d'après ; s'apprête à faire une action, mais en fait une autre ; rencontre un obstacle apparemment redoutable, et le franchit en un clin d’œil ; puis en rencontre un autre ; puis un autre ; puis s'en retourne chez lui sans plus y penser ?

    De telles histoires sont le pain quotidien du professeur de français au collège. L'émotion qui le gagne à la lecture des rédactions d'élèves n'est pas souvent l'intérêt, la pitié ou le rire, mais bien plus la perplexité.

    Rares sont les récits cohérents, où les personnages suivent la ligne directrice de leur caractère, même rudimentaire ; où les événements sont préparés, ont un poids et des conséquences ; où tout ne se passe pas selon la logique du rêve.

    L’école n’apprend donc plus ce B-A BA de l’écriture qu’est l’exigence de cohérence narrative. Le tout-venant des rédactions de sixième est beaucoup plus puéril que ce qu’on peut trouver dans les cahiers d’écolier d’avant-guerre ou dans les journaux auto-produits des classes Freinet. Plus de manuels de rédaction, ou presque, plus de rédactions fréquentes (quotidiennes ou hebdomadaires) : un art s’est perdu depuis quelques décennies.

     

    Lire la suite sur le blog PédagoJ.

     

    D'autres textes de Pierre Jacolino : 

    L'analyse grammaticale, exercice des ânes ? (février 2014)

    En 1957, le niveau montait (avril 2014)

    Lavisse est-il désuet ? (février 2014)

    Peut-on (encore) enseigner l'histoire par l'observation ? (2013) 

    Nos grands-parents ne savaient-ils pas lire ? Réponse critique à l'historien Antoine Prost. (2013)

    Pour le retour en grâce des recueils de morceaux choisis (P. Jacolino)


    2 commentaires
  • R. W. Brown, Comment le petit Français apprend à écrire. Une étude sur l’enseignement de la langue maternelle en 1915

    Premièrement, on considère, parmi les exercices conçus pour enrichir le vocabulaire, comme absolument essentiel que l’élève relie clairementle mot à l’objet ou à l’idée qu’il représente. Bien qu’il soit beaucoup plus difficile que nous le croyons généralement d’avoir un mot dans l’esprit qui ne soit pas rattaché à quelque idée, l’enseignant français semble ne vouloir prendre aucun risque. Il fait sentir à l’élève que les mots sont inutiles s’ils ne sont les symboles de quelque chose réelle physiquement ou mentalement.

    Deuxièmement, on exige de l’élève qu’il rattache un mot nouveau aux autres mots de son vocabulaire actif, de sorte que ce mot se grave dans son esprit. Le nouveau mot peut être lié à un synonyme connu de l’élève ou à un groupe d’idées qui lui aura été présenté ; mais, de quelque manière que ce soit, il est conduit à l’associer avec les mots qu’il connaît déjà.

    Troisièmement, le mot est placé dans des contextes normaux - quelquefois avant que ses significations soient expliquées - afin de faire sentir à l’élève son usage idiomatique.

    Enfin, lorsque l’explication ou la définition d’un mot ou d’un groupe de mots est nécessaire, le maître commence par en présenter le sens particulier plutôt que général, concret plutôt qu’abstrait. En théorie au moins, un maître commencerait donc par imprimer la signification de l’adjectif sincère dans l’esprit de l’enfant avant d’en examiner la qualité abstraite, la sincérité. Il commencerait par montrer au garçon que de nombreuses choses sont dites riches ou nobles avant de lui expliquer ce que sont la richesse et la noblesse.

    De plus, lorsqu’un même mot a plusieurs définitions, c’est toujours la plus simple, la plus facile à comprendre, celle qui peut s’associer le plus aisément avec la provision d’idées et d’images concrètes que l’élève possède déjà qui est exposée en premier, avant celles qui sont essentiellement abstraites ou figurées. On considère comme allant de soi que, pour qu’un mot ait quelque valeur pour un garçon, il faut qu’il représente une idée clairement imprimée dans son esprit et qu’il ait sa saveur particulière.

    Ces exercices conçus pour enrichir le vocabulaire sont extrêmement intéressants. Les mots choisis pour un jour donné sont suffisamment proches de la vie de l’élève pour qu’ils soient stimulants ; la leçon demande de la part de l’élève beaucoup d’activité ; et l’heure de classe ne dure jamais si longtemps qu’elle devienne ennuyeuse.

     

     

    Dans ces classes, l’enseignant est assurément aidé par les Leçons de Choses qui constituent une partie des programmes d’enseignement aussi bien dans les écoles primaires que dans celles du secondaire. Elles sont l’occasion de discuter en classe d’un grand nombre de questions intéressantes qui ne ressortent directement d’aucune matière du plan d’études. Elles pourraient aussi bien être nommées leçons de connaissances générales.

    Grâce à elles, un garçon de huit ou neuf ans acquiert des connaissances sur le paysan et le blé qu’il cultive ; sur le mineur, le minerai et le charbon qu’il extrait ; sur les différentes sortes de tissus utilisés pour fabriquer les vêtements ; sur le meunier, son moulin et la farine qu’il moût ; sur le viticulteur, ses raisins et la production du vin ; sur les différents genres de combustibles ; sur les différents types de métaux ; sur la faune alentours ; sur la flore que l’on trouve autour de l’école ; sur les différents aliments que l’on peut voir sur le marché ; ainsi que sur des dizaines d’autres objets et d’industries qui sont faciles à comprendre.

    Toutes ces leçons de choses ont évidemment pour objet principal de développer l’esprit d’observation et d’ouvrir la voie aux sciences naturelles ; mais elles doivent en même temps contribuer à enrichir de manière systématique le vocabulaire courant de l’élève.

    R. W. Brown, Comment le petit Français apprend à écrire. Une étude sur l’enseignement de la langue maternelle, Traduit de l’américain par Sébastien-Akira Alix, Paris : Éditions Hattemer, 2015.

     

    Extrait cité à la page http://skhole.fr/brown-r-w-extraits-comment-le-petit-francais-apprend-a-ecrire


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  • C’est à une véritable immersion dans l’atmosphère de l’école française de la IIIe République à la veille de la Première Guerre mondiale que Rollo Walter Brown, un professeur américain de composition et de rhétorique, invite son lecteur dans l’ouvrage Comment le petit Français apprend à écrire, qui est à paraître aux Éditions Hattemer. Dans ce livre, qui est une enquête de première main réalisée au cours de l’année scolaire 1912-1913, l’auteur nous entraîne avec lui dans une France peu visitée alors par les étrangers : la France des élèves qui s’initient jour après jour au maniement de leur langue en suivant les leçons de leurs maîtres en vocabulaire, en grammaire et en composition. C’est à la découverte de cette « France de la jeunesse » que nous engage cet Américain passionné d’écriture qui, tout au long de sa carrière, n’eut de cesse de s’interroger sur les mécanismes et les méthodes les plus à mêmes de faciliter son enseignement.

    --> Voir le Dossier de presse des éditions Hattemer

    --> Lire quelques extraits de l'ouvrage de R. W. Brown (Skholè).


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