• 1. Les avantages de commencer la séquence par l'étude du vocabulaire.

    Chapitre 1 du guide Pistes pour un enseignement actif du vocabulaire de Serge.

    Une idée souvent négligée ces dernières années, et même à contre-pied de ce qui se fait souvent, c'est de faire découvrir le vocabulaire en entrée de séquence. Il peut ainsi être réactivé au fil des lectures sans avoir à chercher les définitions et surtout sans gêner la compréhension des textes au moment de leur étude. Quand il leur manque 5% des mots d'un texte, le contexte peut parfois les aider à le comprendre. Mais s'il leur manque 15% seulement du vocabulaire d'un texte, la lecture devient laborieuse et inintelligible. Et nos élèves butant sur des mots de plus en plus simples, il est fréquent que les lectures que nous leur donnons manquent leur cible : les élèves se déconnectent mentalement au bout d'un moment et n'essaient plus de comprendre. Et nous passons alors encore plus de temps à "décoder" le texte, quand il faudrait avant tout pouvoir le faire apprécier.

    Découvrir le vocabulaire d'un livre ou d'une séquence en ouverture de celle-ci offre en effet de très nombreux avantages.

    D'abord, les élèves sont conscients que le vocabulaire qui va être vu est une clé qui va les aider durant tout le chapitre, en lecture comme à l'écrit. Cette étude préliminaire des mots leur permettra d'accéder plus facilement à la compréhension des textes qu'ils vont bientôt découvrir. Pour que ce bénéfice ne se perde pas, nous allons amener les élèves à utiliser régulièrement ces mots au cours de l'année

    Cette étude retient donc souvent bien davantage leur intérêt que la pratique consistant, lors de la rencontre d’un mot inconnu au cours d'une lecture, à essayer vaguement de lui donner un sens, pour ensuite ne plus le revoir la plupart du temps.

    On pose ainsi d'entrée des fondations qui seront non seulement utiles à la compréhension des textes, mais aussi au plaisir de leur lecture, qui ne se trouvera pas freinée. Les élèves sont souvent fiers, en lisant les phrases où ces mots apparaissent, de pouvoir les comprendre directement et de pouvoir le dire, en voyant tout au long de la séquence des exemples littéraires d'utilisation en contexte.

    Ces exemples déjà appris, puis rencontrés au fur et à mesure, ancrent davantage encore les mots dans leur mémoire, et quand ils les lisent, ces exemples leur parlent réellement pour le coup, et directement. On peut alors discuter avec les élèves pour leur faire sentir la subtilité et l'intérêt de ce mot par rapport à un synonyme plus courant par exemple. Bref, c'est tout bénéfice, puisque d'une part on gagne du temps, qui est utilement mis à profit pour expliquer le sens du texte et éclairer la phrase, mais surtout la rencontre avec les mots en contexte réactive réellement des connaissances, ce qui n'est absolument pas le cas quand ils découvrent un mot inconnu dans un texte, puis qu'on passe à autre chose sans forcément le rencontrer à nouveau avant un moment.

    Pour cela, on sélectionne en amont les principaux mots intéressants du chapitre. Attention, pas spécialement des mots "difficiles" pour des mots difficiles : ce serait ridicule de leur faire apprendre des mots rares, même en littérature, pour se donner un genre, et de négliger par ailleurs les mots les plus utiles dans la vie et pour la compréhension des textes.

    Faire apprendre les mots en ouverture de séquence est un préalable intéressant pour retravailler ensuite plus efficacement le vocabulaire, de façon perlée au sein de celle-ci, en construisant les acquis sur des bases solides et communes. Ainsi, quand dans un texte, on demande aux élèves le sens d'un mot, tous ont la possibilité d'être valorisés, et à égalité, ce qui n'est pas le cas avec la seule rencontre en contexte, au cours de laquelle seuls les élèves bons lecteurs lèvent souvent la main (enfin, quand ils n'ont pas peur de passer pour "intello"). Là, ce ne sera plus le cas, car tous ont eu préalablement connaissance des mots, et chacun peut participer et se voir ainsi davantage en situation de réussite.

    Les élèves sont d'autant plus attentifs s'ils savent qu'ils vont être évalués spécifiquement sur ces mots (donc évaluation facile pour tous les élèves qui se donnent la peine d'être attentifs) puis s'ils savent qu'ils auront à les réutilisés régulièrement et de façon contextualisée par divers biais durant un laps de temps - car se limiter à faire apprendre du vocabulaire est sans grand intérêt. D'autant qu'il sera vite oublié.

    C'était le chapitre 1 du petit guide Des pistes pour un enseignement actif du vocabulaire de Serge (cliquez sur le lien pour revenir au sommaire).

    « Des pistes pour un enseignement actif du vocabulaire (Serge)2. Déroulement de la séance initiale »

  • Commentaires

    1
    sol5
    Dimanche 1er Mars 2015 à 12:10

    Quand on commence une séance d'anglais avec de jeunes élèves, on commence par le vocabulaire à l'aide d'images... Parce que raconter ensuite l'histoire sans que les élèves puissent y repérer du connu capte rarement leur attention. Penser que la même méthode puisse apporter les mêmes bénéfices à l'écrit me parait finalement assez évident... Merci.

     

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